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L'aérodrome de Saint-Pierre-du-Mont / Englesqueville-la-Percée

dénommé A 1

Texte Renaissance

 - Cet aérodrome a été installé sur la falaise entre la pointe du Hoc et Englesqueville.

              Construit à partir du 9 juin 1944, mis en service le 13 juin, achevé le 20 juin et abandonné le 5 septembre 1944.
             Son nom de code était FRY
             Il a servi de base pour le 366ème Fighter Group de chasseurs-bombardiers P47 "Thunderbolt" (48 avions). Il a servi aussi pour des évacuations sanitaires et pour le ravitaillement en carburant et munitions pour de nombreux autres avions.

             Dénommé A1, il a été l'oeuvre du 834ème Bataillon du Génie de l'Air (de la 9ème Tactical Air Force) qui l' a construit, aussitôt après avoir achevé celui de Sant-Laurent (dénommé A21)


Les 3 Bataillons du Génie de l'Air
qui ont débarqué sur Omaha Beach

Organisation d'un bataillon du génie de l'air
(EAB, Engineer Aviation Battalion)

Caractéristiques: piste de 5000ft x 120ft, surface PSP et Square Mesh, azimuth 91°, position: 49°23'28'' N et 00°57'43'' O, 75 aires de stationnement, stockage d'essebce et réarmement.

Extrait "La Renaissance du Bessin":

""On sait que les opérations du débarquement doivent leur réussite, bien sûr au courage des troupes au sol, mais aussi à l'efficacité et la puissance aérienne des Alliés. L'appui au sol nécessitait de raccourcir au maximum les distances d'intervention des avions. C'est pour cela que dès les premières journées suivant le jour J, le Génie lançait la construction d'aérodromes de campagne.

Ce ne fut pas la moindre des performances techniques que de voir des avions décoller et atterrir sur le sol français dès le 7 juin. Ils prirent des noms de code, la lettre "A" pour les aérodromes américains (et "B" pour les Britanniques), suivie d'un chiffre attribué chronologiquement à leur implantation. Quelques témoins peuvent en parler aujourd'hui, notamment du "A1 ", habituellement connu sous le nom de "St-Pierre-du-Mont". En fait, la plupart de l'emprise de son installation se situe sur le territoire de la commune d'Englesqueville-la-Percée (Ce sont les troupes américaines qui ont baptisé ce champ d'aviation. Une hypothèse sur la confusion est que sur les cartes d'état major de l'époque, l'inscription SI-Pierre-du-Mont recouvre les terres utilisées, alors que celle d'Englesqueville ne s'attache qu'au bourg même). Et c'est son ancien maire, Henri Lepelletier, 23 ans en 1944, qui évoque ce voisinage.

"Un travail formidable en quelques jours. C'est là que nous avons vu le bulldozer pour la première fois. Il arrivait devant un arbre, on se disait il ne va pas pouvoir l'arracher. Et puis, hop, du premier coup, l'arbre tombait !".

Le matériel de Construction était en place depuis le 8 au matin. A1 est réputé construit du 9 au 13 juin.

" Certains disent avoir vu des avions y circuler dès le 9, dans la soirée ".

Ce qui n'est pas impossible, car encore en chantier, ces terrains étaient déjà utilisés. De plus A1, est encore considéré comme terrain "RRS" (Rearming and Refueling Strip - piste de réarmement et carburant), l'installation est alors sommaire. Il n'y a pas de temps à perdre. La technique de construction est des plus rustiques.

"Un simple nivelage sur lequel étaient fixés par des pieux, soit du grillage soit des tôles. Un travail extraordinaire, en quelques jours".

Pour une piste moyenne, c'étaient plus de 2 500 rouleaux de grillage et 30.000 piquets qui étaient nécessaires, une goutte d'eau dans tout le matériel débarqué.

"Quelques personnes ont participé ensuite à la main d'oeuvre. Mais on n'a pas pu beaucoup s'approcher; ils se méfiaient".

L'activité est débordante : "C'était sans arrêt que les avions venaient et décollaient. Un s'est écrasé à son retour, en flammes". Car en ces jours, les Allemands sont encore tout proches et les P47 du 366ème Fighter Group commandé par le Colonel Holt ont encore beaucoup de travail. Du coup, il n'y a pas tellement de possibilités de nouer de vrais contacts.

" Certains logeaient bien dans une ferme mais la plupart étaient sous des tentes ".

Ambiance intense durant un peu plus de deux mois. Entre-temps, M. Lepelletier a lui même été incorporé et, quand il revient, le A1 est silencieux. Il est abandonné depuis le 25 août.

"Des sociétés sont venues tout remettre en état. Elles ont récupéré le grillage. Les propriétaires des parcelles ont pu récupérer un peu de matériel".

On sait que beaucoup de ce grillage a servi et sert toujours d'ailleurs, de clôtures dans beaucoup de fermes de la région. Pratique : sur la D514, à 2 km de Vierville, prendre le chemin à droite où se trouve une cabine téléphonique. Un monument est érigé à 300 m, la piste s'étendait à partir de là, vers l'ouest sur une longueur d'un peu plus de 1 500 m, dans un axe Est/Ouest. L'ensemble des installations occupait en largeur, l'espace de la route jusqu'à la falaise.


(détails)
Photo aérienne prise à très haute altitude par un Arado234 à réaction Allemand en 8-44. La photo (au format 30x30cm) a été renseignée avec précision par les Allemands.

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Vue aérienne


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Un P47 s'est écrasé à l'atterrissage


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Vue d'ensemble de l'aérodrome de St-Pierre-du-Mont. Au fond à gauche la Pinte du Hoc. Au large des navires au mouilage, extension de la rade 'Omaha Beach.  Au premier plan, des avions bi-fuselage "Lightning" P38 ou RF38.


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Chasseur-bombardier P47 "Thunderbolt" au décollage

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Rechargement des armes de bord d'un P47

 


Plan général des pistes et Taxiways

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Mise en place de PSP


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Au fond à gauche, un DC3 de transport


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Piste recouverte de plaques SMT

 

 

 


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Fixation des grilles SMT
("Square Mesh Tracks")


Henri Lepelletier ancien maire d'Englesqueville, montre les grillages et les tôles qui servirent à la construction de l'aérodrome "A1 - St-Pierre-du-Mont" dont le nom de code était " FRY "

 

 
(détails)
Un motorgrader (nivelleuse) au travail, le conducteur est assisté d'un tireur le protégeant des snipers


(détails)
Approvisionnement et mise en place de grillages à mailles carrées (dits "grillages Américain", ils ont servis souvent de clotures et barrières aux paysans du Bessin, ils servent encore de cloture au Bricsart, près du château de Vierville, Ces grillages, appelés SMT, étaient en fait de fabrication britannique)

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