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Les combats du 6 juin dans le secteur du Ruquet: WN 64 et 65
demi secteur Easy Red Ouest (futur secteur Easy White)

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Les bombardements préliminaires
Les bombardements aériens ont été un échec complet. Des quadrimoteurs Liberators avaient été prévus, mais ces avions volaient à haute altitude et ils étaient au dessus des nuages. Comme la précision était déja médiocre par temps clair, les états majors Alliés ont dû se résoudre à prescrire une marge de sécurité supplémentaire pour la visée, ce qui a conduit le centre de gravité des impacts à plusieurs centaines de mètres et parfois plusieurs km au sud de l'objectif. On était alors sûr que les bombes ne pourraient atteindre les flotilles de landing craft qui s'approchaient du rivages à pleine vitesse au même moment.
Les bombes se sont donc dispersées dans la campagne, sans aucun effet sur les défenses allemandes.

Les bombardements navals ont pu être plus efficaces, surtout ceux des navires de guerre classiques, cuirassés, croiseurs et destroyers. Par contre les témoignages indiquent que les fusées lancées par les LCT(R) sont généralement tombées dans la mer. Il était en effet impossible de viser et d'ajuster le tir de ce genre d'engins. La durée du bombardement par les autres navires était trop faible pour qu'un bouleversement des défenses allemandes en résulte.

Au total ces bombardements ont eu une efficacité tout à fait limitée.

Les chars

Sur ce demi-secteur, 2 LCT devaient lancer en mer à 5500m de la côte, 8 chars amphibies de la compagnie B/741. Sur ces 8 chars, 5 ont été effectivement lancés, 3 ont coulé immédiatement et 2 chars sont arrivés à bon port sur Easy Red. Les 3 autres ont été conduits jusqu'à la plage par le LCT 600, dont le premier char lancé avait coulé en endommageant la rampe de lancement en mer.
En plus, 3 LCT devaient débarquer 6 chars standard de la A/741 et 3 tankdozers pour appuyer les équipes SETF. Tous sont arrivés en retard dans la journée, devant le Ruquet (LCT 2008, 2043 et 2228)
Au total, n'ont débarqué vers 6h30, que 5 chars amphibies DD sur Easy Red, les autres n'arrivant que plus tardivement. Ces 5 chars n'étaient pas directement confrontés à des canons antichars proches de 88mm et de 75mm, et ils ont pu participer à la lutte contre les fortifications allemandes entre Le Ruquet et Colleville.

L'infanterie d'assaut, 1ère vague

Ce demi secteur était réservé à la compagnie E/16, qui a été désorientée par la fumée et les courants de marée. Elle a finalement abordé très loin à l'est, sur Fox Green.
Toutefois un LCVP de la E/16 et 2 isolés de la E/116 sont arrivés entre les WN 62 et 64, dans une zone relativement éloignée des postes de tir allemands, et ils ont atteint le talus de galets avec des pertes (sur les 32 hommes du LCVP de la E/16, 20 étaient valides à l'arrivée en haut de la plage).
Ce talus n'était pas surmonté par des barbelés et des ruines procuraient un abri convenable. Aucune défenses allemandes proche ne les surplombait.

Plus à l'est, aucune troupe d'assaut n'a débarqué devant les défenses du Ruquet (WN64 et 65)

Les "Gapteams" de la SETF

Il était prévu, sur ce 1/2 secteur, 3 gapteams: les Gapteams 9, 10 et 11, arrivant à 6h33
En fait, il semble que 4 gapteams soient arrivés sur cette zone, les N° 10, 12, 13 et 14, et en retard d'un 1/4 d'heure en moyenne, soit vers 6h45. Comme ils devaient travailler avant la remontée de la mer, donc avant 7h00, ils n'ont pu achever leur travail. Leurs pertes ont été comparativement limitées, car ils étaient entre les WN actifs 62 et 64 et relativement éloignés d'eux.
Les 2 gapteams de soutien, (les Gapteam E et F), qui devaient les appuyer à 6h41, sont arrivés trop tard pour agir efficacement.
Le travail réalisé a été néanmoins assez significatif, une zone assez large ayant pu être assez bien débarrassée d'obstacles, entre Le Ruquet et Colleville, zone qui sera mise à profit pour le débarquement des renforts dans la matinée (115ème et 18ème régiment)
Aucune de ces équipes n'a pu être appuyée comme prévu par un tankdozer.

L'infanterie d'assaut, 2ème vague

Sur ce demi-secteur Easy Red ouest (le futur secteur qui sera appelé Easy White) devait aborder les compagnies A et B/16. Désorientées comme les autres, elles sont arrivées sur l'est de Easy Red, mais n'ont pas subi de pertes importantes, étant éloignées des WN 62 et 64.
Par contre le demi secteur a vu arriver la moitié de la L/116 et la M/116 (compagnie d'armes lourdes du 3ème bataillon). Ils ne se trouvaient pas très loin du WN 65, mais pas directement sous son feu.
Les WN 65 et 64 étaient alors toujours sans beaucoup de troupes d'assaut sous leur feu, comme lors de l'arrivée de la 1ère vague.

L'arrivée des Combat Engineers, du Génie de Plage et des premiers éléments médicaux, à bord de LCI et de LCT, entre 7h00 et 9h00
En plus de quelques LCT, sont arrivés sur Easy Red, 2 LCI sur les 3 prévus:
Le LCI 88 avec des éléments des 37 Eng Bn et 6 Beach Bn
Le LCI 89 avec des éléments du 1st Engr Bn
Ils ont pu franchir la ligne des obstacles minés et repartir, probablement parceque ces mines - des tellerminen antichars - n'avaient pas résisté à la submersion de la marée 2 fois par jours.
Un 3ème LCI, le LCI 85 avec des éléments des 37 Engr Bn, 6 Beach Bn et 1st Med Bn, n'a pu débarquer, étant gravement touché par des obus et des mines sur les obstacles. Il est reparti, a déchargé ses blessés sur le LSI Samuel Chase et a finalement dû être abandonné et a coulé au large dans l'après midi. (son épave estnotée sur les cartes marines, par 49 23 627N et 00 50 143W)


(détails) le diagramme des débarquements prévus, secteurs Le Ruquet et Les Moulins


(détails) Mouvements du matin dans le secteur Le Ruquet  -  Saint-Laurent

 

 


message du Général Wyman et témoignage

Dans le secteur Easy Red Est, entre les WN 62 et 64, le lieutenant Spalding a entraîné vers 7h15 une grosse vingtaine d'hommes survivants d'une section de LCVP isolée de la Cie E/16 (1ère vague). Ils ont fait sauter avec des "Bangalore" une section du cordon de barbelés et se sont infiltrés au delà, passant par les ruines d'une villa, se frayant un chemin à travers des champs de mines antipersonnels et antichars. Ils ont eu de la chance, les mines étaient souvent bien visibles, et les passages étaient protégés de la vue par des broussailles, notamment il y avait à 400m sur leur gauche les 2 bunkers du WN62 avec 2 canons de 75mm.
Au sommet, ils ont été arrêtés par une mitrailleuse, mais ils ont pu faire prisonnier son unique servant. Celui ci, se disant polonais, a parlé en polonais avec un GI d'origine polonaise, et il a indiqué que 16 allemands seulement défendait le WN64 à 500m sur leur droite.
Ils étaient maintenant réduits à 20, toujours isolés, mais ils ont été suivis par la G/16 du Capitaine Dawson, qui, vers 8h00, a demandé à Spalding d'attaquer le WN64, pendant que lui-même irait avec sa compagnie directement vers le bourg de Colleville.

Spalding a donc suivi vers l'ouest une tranchée vide en crête de falaise, il est arrivé directement sur le WN 64, il y a trouvé un tobrouck avec mortier de 81mm, un canon de 75mm en batterie vers l'ouest, un bunker en construction, et un abri bétonné. Quelques tirs dans les escaliers de l'abri ont fait sortir un groupe d'allemands qui se sont rendus sans difficultés avec leurs blessés. Vers 10h00, le WN 64 a donc été neutralisé, ses défenseurs sont descendu les mains sur la tête vers la plage, d'où montait la compagnie A/16.

En effet, sous le WN 64, la compagnie A/16 avait débarqué, et elle avait pu franchir le fossé antichar rempli d'eau avant de grimper en direction du WN64 attaqué par l'arrière par la section de Spalding. Ils ont eux aussi traversé des champs de mines, perdant quelques hommes. Ils sont ensuite partis vers l'est se regrouper avec les compagnies B/16 et C/16 qui étaient montées à la suite de la Cie G/16 de Dawson. En milieu de matinée, tout le 1er bataillon I/16 était sur la falaise pour se regrouper et avancer vers Colleville.

L'arrivée du PC avancé de la division, avec le Général Wyman
Wyman, le second du Général Huebner, était depuis 6h00 à bord d'un LCVP du LSI Samuel Chase, devant Omaha Beach. Ses intentions n'étaient pas de débarquer trop tôt. Si les opérations se déroulaient normalement, il pensait que le Colonel Taylor pouvait se charger de tout; mais quand à 8h00 le LCVP de Wyman a accosté l'escorteur PC 553 mouillé devant Easy Red, qui avait suivi de près les opérations, il a compris tout de suite que rien ne marchait comme prévu:

1 - Les chars du 741 TkBn n'étaient pas au rendez-vous, perdus en mer ou en retard
2 - Les vagues d'assaut ne s'étaient pas emparées des 4 sorties principales dans la 1ère heure.
3 - Les équipes du génie de la SETF n'avaient pas créé de brèches balisées dans la ceinture des obstacles de plage
4 - Les grands LCT et LCI tournaient en rond et n'osaient pas s'approcher à marée haute sur une plage remplies d'obstacles minés sous-marins.

Et de son LCVP à 8h00, Wyman n'était pas conscient des infiltrations importantes réussies dans les falaises par plusieurs groupes d'assaut de la taille d'une petite section ou d'une compagnie.

Le groupe avancé de Wyman s'est donc fait conduire à terre vers 8h40, entre les WN62 et 64, là où plusieurs groupes isolés du bataillon II/16 grimpaient la falaise et se dirigeaient vers Colleville, en même temps que la section Spalding attaquait par l'arrière le WN64. Le bataillon III/16 venait d'y débarquer en 2ème vague
A 9h00, Wyman pouvait envoyer à Huebner (à bord du LSH Ancon) un premier message pas trop pessimiste.
Mais pour Wyman, ces infiltrations par les falaises ne suffisait pas, il fallait absolument ouvrir les sorties de plage et notamment la sortie E1 du Ruquet immédiatement à sa droite.
A 9h50, il a demandé que l'on cesse d'envoyer des véhicules et que l'on envoie des troupes de combat.
A 10h10, il a demandé de renforcer le bataillon II/16, celui qui était chargé du Ruquet, et qui avait été débarqué trop à l'est.
Où était ce 2ème bataillon, se demandait Wyman. Il savait que la Cie G était partie vers Colleville avec le 1er bataillon I/16, mais la mission c'était le Ruquet, et Wyman ne savait pas encore que Spalding avec 20 hommes était en train de se rendre maître du WN64. Lorsqu'il a fini par l'apprendre, il restait le WN65, qui tenait toujours et interdisait l'accès à la sortie de plage du Ruquet. Il lui fallait des renforts.


Les régiments de renforts arrivent sur Easy Red Ouest         
Le plan initial prévoyait le débarquement du 18ème régiment : le bataillon II/18 à H+195 (9h45) sur 18 LCVP du LSI Anne Arundel et le LCI 489 (emportant la HQ Cy) du bataillon, et les bataillons I/18 et III/18 à H+ 210 (10h00) sur 8 LCI.

En fait le I/18 est arrivé à 10h30, immédiatement à l'ouest du WN65, les 2 autres bataillons sont arrivés à l'est du Ruquet à 12h20 (bataillon I/18) et 13h30 (bataillon III/18).
La mer était haute, et seule un étroite bande de sable était disponible devant le banc de galets et une petite dune. Les obstacles étaient peu visibles à moitié immergés, et les LCVP ont hésité avant de se lancer au dessus d'eux.
Heureusement, toute la zone Easy Red était complètement dépourvue de la barrière quasi continue des Eléments C qui existait ailleurs, et les groupes SETF avaient pu commencer leur travail. De nombreux LCVP ont heurté des obstacles, mais sans dommages, ce qui montre que les mines devaient être en général désactivées par les alternances d'immersion dues à la marée.

L'attaque du WN65 a été menée avec l'aide du destroyer USS Frankford (qui tiré vers 10h30 sur un mortier repéré sur le plateau), de quelques chars de la CIeA/741 (qui ont tiré sur des positions en crête de falaise à l'ouest du Ruquet) et des canons de 37mm sur halftrack du 467ème Bataillon de DCA (un half track a tiré sur l'embrasure du bunker principal - celui du canon PAK de 50mm - jusqu'à ce qu'un obus entre dans le bunker).
Pendant ces tirs, la compagnie E/18 a été envoyée sur la crête entre le Ruquet et St-Laurent, et les compagnies F, G et H/18 se sont portées sur les installations du WN64, en prenant à revers sa partie basse. Peu avant 12h00, le WN était neutralisé et une vingtaine d'allemands faits prisonniers. Le colonel Gibbs cdt le 7ème bataillon d'artillerie de campagne a participé à cette opération en tant qu'officier d'infanterie alors que ses canons n'étaient pas encore disponibles (La moitié - embarqués sur des DUKW - ont été perdus en mer).

Après ce succès, le II/18 a été envoyé par le rivage pour monter sur la falaise à l'est du Ruquet et pousser vers Colleville puis vers le Sud.

Pendant ce temps, à partir de 12h00, les engins du 1er bataillon du Génie (1st Engr Bn) et ceux du 37ème Engr Bn (de la 5ème Brigade Spéciale du Génie) qui suivaient, se sont activés pour ouvrir une route par la vallée du Ruquet, en créant une piste dans la dune, en comblant le fossé antichar, puis en ouvrant la première route montant sur le plateau et une zone de transit à l'est du bourg de Saint-Laurent, ce qui fut fait pour 15h00. A 17h00, la nouvelle route était en pleine activité. Mais elle resterait un cul de sac tant que le bourg de St-Laurent serait tenu par les Allemands.


(détails) Mouvements de l'après midi, secteur Le Ruquet  -  Saint-Laurent

Ces opérations ont été compliquées par l'arrivée imprévue vers 11h00 et 12h00 à l'est du Ruquet de tout le 115ème Régiment (sur 12 LCI), ce qui a entraîné beaucoup de confusion et d'encombrements avec les bataillons I et III du 18ème régiment arrivées au même endroit aussitôt après (12h20 à 13h30, sur 8 LCI).

Ces troupes du 115ème n'étaient pas sur leur secteur et leur colonel (Colonel Slappey) n'était pas là, car son LCI avait touché un obstacle et s'était retrouvé le dernier à se présenter. Sans leur chef les 2 premiers bataillons ont avancé immédiatement vers la falaise, suivis par le 3ème bataillon. C'était bien sûr la seule chose à faire au point où ils en étaient. Il n'y avait que peu d'opposition allemande, dispersée et peu intense. Les 2500 hommes du 115ème ont grimpé la colline en 2 files indiennes, le I/115 à gauche, le II/115 à droite, suivi lui-meme du III/115, objectif le village de Saint-Laurent. A droite et à gauche de chaque sentier il y avait des mines antipersonnel et certains y ont perdu une jambe ou un pied.

Le bataillon II/18, après avoir fait chuter le WN65, a suivi le 115ème dans la colline à l'est du Ruquet et s'est dirigé vers Colleville. Il a été suivi par les 2 autres bataillons du 18ème régiment débarqués vers 12h20 et 13h30.

Ainsi au milieu de l'après midi, 5000 hommes de ces 2 régiments s'étaient engouffrés dans le vallon du Ruquet, un trou béant dans le mur de l'Atlantique, un peu dans la confusion au début, mais complètement innaperçus des Allemands. Plus rien ne pouvait maintenant les rejeter à la mer, sauf une Panzerdivision et aucune n'était disponible pour cela en Normandie.

Les chars survivants du 741 TkBn ont été envoyés se regrouper à 500m à l'est de St-Laurent. (17h00). Ils ont été accompagnés par 11 des 16 obusiers sur chenilles du 58ème FAA Bn qui avaient fini par débarquer dans l'après midi devant E1 après avoir échoué avec des lourdes pertes devant D3 dans la matinée. Ces obusiers ont pu alors être mis en batterie et participer aux combats contre le bourg de St-Laurent.

 

L'envoyé du Vème Corps, le Colonel Talley.
Talley, avec 4 canards DUKW bien pourvus en moyens de radios, était chargé par le Général Gerow (Cdt le 5ème Corps) de renseigner son chef directement du déroulement des opérations. En fait, il ne pouvait s'approcher trop de la plage sans risquer la destruction des DUKW et l'échec de sa mission, et de ce fait les renseignements recueillis étaient très insuffisants. Ce n'est que vers 13h00 qu'il a pu mettre pied à terre au Ruquet et rencontrer aussitôt le Général Wyman, au milieu de tirs de mortiers sportadiques mais dangereux. A 16h20, il a pu informer Gerow de l'amélioration, mais en précisant que plusieurs heures seraient encore nécessaires avant que les 4 sorties soient opérationnelles

Arrivée du Général Huebner Cdt la 1ère divison       
Huebner a quitté le LCH USS "Ancon" vers 17h15 pour rejoindre le Général Wyman au PC avancé dans le bunker du WN65, au pied du Ruquet (Wyman s'y était installé vers 15h00). Wyman était en liaison radio avec l'artillerie divisionnaire et le 18th Inf Regiment. Par contre les liaisons avec le 116th Inf regiment étaient limitées à la partie du régiment qui était sur St-Laurent. Aucune liaison avec Vierville et le Colonel Canham ou le Général Cota n'était disponible. Wyman ignorait ce qui s'y passait en réalité, et réciproquement.

Huebner et Wyman ont décidé aussitôt de faire débarquer le régiment de réserve de la division, le 26th RCT, qui a abordé avec 12 LCI, à partir de 18h15 au pied de E3, sur Fox Green. Ses ordres antérieurs étaient de pousser au sud-est vers Bayeux après avoir quitté la plage. Mais il était trop tard et les ordres ont été modifiés et les II/26 Bn et III/26 Bn ont été envoyés par la plage vers le Ruquet pour servir de réserve de Corps (le II/26) et se placer entre le 18ème et le 115ème (le III/26), pendant que le I/26 Bn avait pour mission de pousser vers Cabourg puis Port en Bessin.

Ensuite Huebner a estimé que la plage restait un objectif pour les Allemands, avec des tirs sporadiques d'artillerie, il a donc ordonné le déplacement de son PC avancé en haut du vallon du Ruquet, à 400m à l'est de St-Laurent. A 20h00, il n'y était guère plus au calme, très proche de l'attaque en cours vers le bourg de St-Laurent. Néanmoins, il était bien visible de ses combattants, et c'était bon pour leur moral, de voir que le "Coach" était parmi eux, avec ses émetteurs radio, ses centraux téléphoniques etc...Souvent l'état-major devait s'abriter et bien vite des trous d'hommes ont été creusés pour tout le monde. Le jour J était bien un jour spécial aussi bien pour les soldats que pour les généraux.


(détails) Positions du soir, secteur Le Ruquet  -  Saint-Laurent

Arrivée du Général Gerow et du PC avancé du 5ème Corps
Avec un LCVP, le Général Gerow a quitté le LCH "Ancon" à 19h00 (il a dû descendre par un filet le long de la coque, l'échelle ayant été cassée par un choc du LCVP contre la coque du Ancon). L'arrivée à la plage s'est faite à marée haute, au miieu des obstacles plus ou moins détruits. Le Général a été transporté au sec avec la benne d'un bulldozer dirigé par le Colonel Talley lui-même, mais son état major a dû se mouiller les jambes jusqu'aux genoux.
Le PC du Corps s'est installé vers 21h00 sur la falaise, dans une tranchée abandonnée du WN64. Les grands chefs se sont installés dans un abri Allemand en bois, les autres se partageant des tranchées voisines. La table à carte dépassait de la tranchée et elle a vite été percée par la balle d'un sniper. Celui ci, caché dans un trou sur la falaise en face (WN65), a finalement été délogé par une équipe de démineurs du Génie et l'agitation s'est calmée. Le sniper a déclaré que ses ordres étaient de tirer jusqu'à épuisement de ses munitions et de faire le plus de tués possible.


(détails) Ensemble Omaha, 12h30 le 6 juin


(détails)
Les pénétrations entre Saint-Laurent et Colleville


Les Cdt des Coast Guard Fritsche et Ismay à bord du "Samuel Chase" devant la maquette en relief d'Omaha Beach Est


(détails) Entre Le Ruquet et St Laurent, 7h30 le 6 juin





(détails) La pénétration du 3ème bataillon du 116ème régiment, accompagné de quelques éléments du 2ème Bataillon, le matin du 6 juin, en direction du vieux Saint-Laurent


(détails) A 14h00 le 6 juin, premières pénétrations dans les dunes et franchissement du fossé au Ruquet


Entre Le Ruquet et Colleville, 7h30. On distingue un char.


(détails) Le Ruquet, 7h30 le 6 juin


(détails) Entre Les Moulins et Le Ruquet, le 6 juin vers 12h30


(détails) La plage de E3 à D3, le 7 juin (ou le 8 juin??)

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