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Le récit du Capitaine Mac Grath
du groupe Communications du 116ème

Récit du capitaine MacGrath, de la Service Co/116RCT

Cet officier est probablement celui qui a accompli à la fois le plus long parcours et le plus diversifié le 6 juin 1944 sur Omaha Beach.

"J'ai débarqué avec la section Transmissions et 2 groupes d'Etat-major vers H+85 (7h55), 15 minutes après l'heure prévue (7h40, le navire était un LCM prévu pour la limite Dog Green/Dog White et qui a abordé à 900m à l'Est de St-Laurent-Les Moulins, dépalé par le courant comme la plupart des petits chalands). Nous n'avons trouvé qu'un seul espace disponible sur la plage. La marée montait très rapidement et la plage était encombrée d'hommes, la plupart immobiles et apparemment incapables de bouger. A ce moment les tirs de mitrailleuses faiblissaient et une occasion semblait survenir pour les faire partir. Le muret derrière les galets était aussi encombré de soldats allongés derrière.

Le major McWharter, officier de liaison de la 9ème Air Force, était avec moi. Nous avons tous deux compris que qu'il était impératif de faire quitter la plage, car la congestion était telle que personne d'autre n'aurait pu s'y faire une place.

Nous avons parlé aux hommes et essayé de les convaincre de nous suivre. Aucun d'entre eux cependant n'a accepté, tant ils semblaient paralysés par la peur.

J'ai vu le Major Weller et lui ai dit que je croyais que faire partir les hommes de la plage était le plus important pour nous, il me dit qu'il ferait ce qu'il pourrait. J'ai ensuite avancé vers la colline en reconnaissance. Le terrain était en général marqué par des panneaux signalant des mines, en fait il y en avait tant qu'on devait les ignorer si l'on voulait avancer (la plupart des champs de mines étaient factices).

Il n'y avait pas beaucoup de tirs d'artillerie aux environs, alors que je me dirigeai vers une maison abandonnée sur la colline, mais des violents tirs de fusils sur la gauche étaient inquiétants. Weller me dépassa avant que j'arrive à la maison et là nous avons rencontré une partie de la Cie K (? illisible). C'était un peu avant 10h00. Weller dit qu'il allait essayer de rassembler le bataillon (le 2ème ou 3ème?). Alors j'ai décidé de revenir vers la plage. Les balles se raréfiaient, mais les obus se multipliaient et il y avait tellement d'obus rasant la ligne de crête qu'un homme debout là-bas devait pouvoir les attraper au passage.

Quand je suis arrivé à la plage, je me suis dirigé vers la droite, vers la sortie de plage (D3, Les Moulins ?). Là j'ai vu un grand nombre d'hommes et d'officiers étendus et ne faisant rien. Certains étaient blessés, mais la plupart semblaient choqués. J'ai rencontré le Colonel Bingham (Cdt le 2ème Bataillon 2/116). Il m'a demandé si j'avais vu des soldats du 2/116, et j'ai raconté ce que je savais. Il a demandé mon aide pour rassembler les hommes. Le capitaine Cawthon était avec lui. Un éclat avait traversé ses 2 joues et il crachait du sang en parlant, cela ne semblait pas le gêner. Avec eux et d'autres et le Capitaine Scott, j'ai réuni environ 40 hommes séparés de leurs sections et nous sommes montés par la piste que j'avais précédemment suivie. Nous avons continué le long d'un chemin jusqu'à un point situé immédiatement à l'Est de St-Laurent. Là nous avons rencontré des groupes de la 1ère Div (?? Quelle unité? douteux). Bingham a virè à droite pour entrer dans St-Laurent (le bourg) . Il était 13h00.

Je suis allé ensuite vers le Nord sur une petite distance, et je suis tombé sur le 3ème bataillon dans sa zone de rassemblement (au Nord de St-Laurent donc ?). Quand la Cie I/116 s'est dirigée vers les Moulins au milieu de l'après-midi, j'étais là pour l'observer. Les tirs d'artillerie, venant de l'intérieur contre le plateau occupé par la Compagnie, était terrible et il m'a semblé remarquable que la position ait pu être tenue. Il y avait avec moi un Capitaine des Transmissions (293ème JASCO). Il était soupçonneux au sujet du clocher de St-Laurent qui pouvait permettre à des observateurs Allemands ainsi bien placés de diriger ces tirs. Alors il a appelé la Marine, et la chance a voulu que le premier obus ait touché le clocher et l'ait détruit.
Après cela, les tirs Allemands ont été moins précis, mais ils étaient tellement nourris que Bingham a décidé de diriger ses hommes vers l'Ouest à travers champ
(au lieu d'entrer dans St-Laurent?).

A 20h30, j'ai décidé d'essayer d'aller aux Moulins par la route (par la côte, semble-t-il, après avoir redescendu la colline). A ce moment, nous n'attaquions plus et nous n'avions aucune information indiquant que la route était ouverte (la sortie D3 des Moulins), mais je pensai que le mieux était d'aller voir moi-même. Je suis entré à pied dans le hameau et je n'ai d'abord rien rencontré. Puis je suis tombé sur quelques uns de mes propres véhicules y montant. Les conducteurs m'ont dit qu'on leur avait annoncé la destruction par les obus de Marine des dernières positions, tard dans l'après-midi. Etant incertain de la situation dans mon propre secteur, j'ai renvoyé les véhicules vers le flanc droit de la 1ère Division (c'est à dire vers le Ruquet) où je sentais qu'ils seraient plus en sécurité.

Je suis reparti alors vers Vierville par la plage, je cherchais l'état-major du régiment (116RCT) mais on m'avais donné de fausses informations au QG du bataillon et je suis allé trop loin sur la droite, au delà des positions du régiment, et j'ai continué en territoire Allemand sur environ 800m (donc à l'Ouest de Vierville ?). Progressivement j'ai réalisé mon erreur et suis revenu sur mes pas. (le PC régimentaire était juste au Sud de Vierville)

Quelques véhicules s'étaient installés pour la nuit dans la "Transit Area 1", à la droite du PC du régiment. Leur sécurité était ma préoccupation immédiate, car je savais qu'il 'y avais que très peu de fantassins en écran devant eux.

A 4h30 du matin, ces groupes d'infanterie ont commencé à refluer en passant devant le petit château où je me trouvais. Je leur ai demandé où ils allaient, et ils répondirent: "Nous partons, les Allemands arrivent derrière nous". Il y avais à l'instant avec moi le Lieutenant Garing, 2 de mes sergents, un officier des Rangers et 7 de ses hommes. Connaissant la situation tactique, il était évident que la "Transit Area 1" serait à découvert après ce retrait, alors nous avons mis sur pied une petite force agressive et nous avons attaqué à travers les haies tout en tirant continuellement. Nous avons rencontré quelques snipers ennemis qui avaient déjà occupé le terrain laissé vide par l'infanterie, mais comme nos tirs finissait par atteindre leurs positions, ils se sont échappés en arrière. Je crois que nous avons réussi parce que chacun de nous a fait feu avec le maximum de ses moyens. Nous avons continué à avancer jusqu'à la grande route (laquelle, celle vers Formigny ??) et ensuite sommes revenu à la "Transit Area 1". Ces mouvements se sont déroulés entre 6h00 et 9h00. Nous pensions que cette petite contre-attaque, très brève, avait éliminé tout danger immédiat, et en atteignant la Transit Area 1, nous avons repris nos activités diverses.

 

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