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Combats du 7 juin à Vierville
suite du témoignage du Sergent Dube (4)

(voir aussi les parties 1, 2 et 3 des souvenirs de Dube)

 


Les  mouvements du 7 juin


(détails)Le manoir de Than
Avant guerre, vue côté Est, avec à droite le grand cyprès dans lequel les Allemands avaient installé un observatoire en charpente de bois avec une échelle d'accès en bois.


(détails) La façade d'entrée principale, côté Ouest.




(détails) Manoir de Than, façade Ouest. Il ne reste que quelques soubassements.


(détails) Manoir de Than, vue du Sud. On aperçoit la laiterie au fond.

       Suite lettre du Sergent Dube, surpris par la contre-attaque Allemande au Sud de Vierville, voir partie précédente de la lettre (page 501):

            "J'ai dit à mon escouade, nous partons, mais nous allons ramper sous la haie jusqu'à l'extrémité du champ. Nous essayeront d'atteindre la ferme en espérant reprendre contact avec des Américains.
             Nous avons enfin retrouvé le Lt. Pope, le Staff/Sargaent Margousski, sergent de peloton, et Bob Champagne, sergent des armes lourdes au bout du champ, ils avaient aussi perdu le contact avec les troupes US.
             J'ai dit au Lt.Pope, je prends 2 volontaires avec moi, les mêmes se sont présentés, et nous allons voir si nous pouvons trouver des Américains. Nous sommes partis à pied. J'ai dit au Lt. Pope que je pouvais parler un peu français, je pourrai leur faire dire où étaient les Allemands et s'ils avaient vus ou non des Américains. Chaque fois que j'ai rencontré des Français, ils ont été très amicaux, mais ils m'ont chaque fois avertis de me méfier d'une fille blonde qui était toujours avec les Allemands.
             Avant la fin de la journée, nous nous sommes accrochés avec quelques Allemands que j'avais vus en train d'installer  une mitrailleuse au coin d'un petit champ derrière une ferme. Quelques instants après 2 Américains sont passés, l'un d'eux avec une mitrailleuse cal.30. Je les ai arrêtés au coin du champ, à l'opposé des Allemands et ils se mirent en batterie pour les engager. Je ne me souviens pas qui a tiré le premier, mais entre temps 3 jeunes filles Françaises avec leurs petits tabourets étaient entrées dans le champ et avaient commencé à traire les vaches. Quand les mitrailleuses ont commencé, vous auriez cru qu'elles auraient couru vers la maison, non, elles ont juste continué à traire les vaches comme si les mitrailleuses n'étaient pas là. 

         En y repensant, c'est probablement ce qui les a sauvé, car il semble bien que les mitrailleurs des 2 bords faisaient bien attention de ne pas toucher les jeunes filles ou les vaches, tout en arrosant de leurs balles tout autour. Je n'ai jamais vu ça ailleurs dans ma vie. Maintenant peut-être que si elles s'étaient levées pour courir  vers la maison, elles auraient pu être touchées et tuées par les balles qui balayaient partout
            Nous sommes arrivés dans cette large allée avec des grands arbres formant voûte. L'allée conduisait à ce château (le manoir de Than probablement?) qui, je l'ai su plus tard, servait de PC aux Allemands dans Vierville. Sur le côté droit de cette allée, il y avait un abri contre les bombardements, j'ai cru, vu sa taille, qu'il devait avoir été fait pour toute la communauté. J'ai compris en revenant en juin dernier pour le 45ème anniversaire, que l'abri était seulement pour les Allemands qui vivaient dans le château. La blonde dont on me parlait toujours était une femme qui vivait avec eux.
            Pendant que j'étais dans l'allée avec quelques Français essayant d'avoir des informations sur les Allemands, je me suis fait tirer dessus par un sniper dans les arbres au dessus de l'allée. Le coup s'est écrasé sur le sol à mes pieds. Un Américain voisin a entendu le coup, regardé en l'air et vu le sniper. Il a tiré et le sniper et tombé, mais s'est accroché dans les branches.
            Peu après, la femme avec qui je parlais me dit de regarder derrière, que la fille blonde s'approchait. J'attendis qu'elle arrive et je la fis emmener par des soldats Américains à la plage comme prisonnier, après avoir  discuté avec elle.
            J'ai aussi appris par ailleurs que le mur était une section de la ligne Maginot, que Rommel avait transporté sur des camions à plate-forme et avait placé en bas des vallées d'Omaha Beach. (il parait peu vraisemblable que de telles masses de béton aient été ainsi transportées en 1943, il doit y avoir confusion, peut-être avec les "éléments C" des obstacles de la plage, qui eux étaient bien des récupérations de la ligne Maginot belge, la "ligne Cointet")
            Voilà tout ce dont je me souviens de…


le plan des nombreux abris construits par les Allemands dans le parc.


(détails) un GI montant dans le grand cyprès
par l'échelle d'accès en bois (juin 1944)


(détails)


(détails)
Ci dessus et à droite, le grand cyprès, vers 1970. On aperçoit la première plate-forme construite par les Allemands, à environ 10m de hauteur.

 


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