La situation le matin du 7 juin à Vierville


Les  mouvements du 7 juin et 8 juin (ci dessous) (29ème Division)

(détails)


(détails)
Des soldats franchissent en file indienne le mur antichar détruit en bas de Vierville. Un accès à la route depuis la plage a été construit devant la casemate principale. On aperçoit les ruines du Casino et de la villa Cusinberche (tout-à-fait à droite)


(extrait de film) La digue de Vierville vers le 7 juin


(détails) des barges de débarquement échouées, piles de ravitaillement et des soldats tués attendant leur évacuation ou leur enterrement. Un LCVP du USS Thurston (APA-77) se trouve au premier plan à gauche tandis que les LCT-555, LCT-638 et le LCT(A)(5)-2421 Britannique se trouvent sur la plage. Au milieu d'une pagaille de Landing Craft et de véhicules détruits, parmi des débris de toute sortes, des morts enveloppés dans des couvertures sont chargés sur un "canard" funéraire pour être dirigés sur le premier cimetière, sur la plage Dog White


(détails) Vue d'ensemble d'Omaha Beach le 7 juin dans l'après midi. Les transports ont quitté leur mouillage au large pour se rapprocher au maximum de la côte. Vierville est à l'extrême gauche (détails)

La situation à Vierville était toujours difficile pour les Américains le matin du 7 juin. Ils n'avaient aucun espace ni pour manoeuvrer en cas de contre-attaque, ni pour leurs dépôts d'approvisionnements, ni pour des renforts et la plage était toujours à la portée de l'artillerie de campagne Allemande,

Il fallait donc au plus vite atteindre les objectifs fixés dès le départ pour le jour J, c'est-à-dire Grandcamp, les abords d'Isigny, et Trévières.

Le général Gerhardt, commandant la 29ème Division, avait débarqué le soir du jour J à Vierville et avait établi son poste de commandement dans la carrière donnant sur le bas de la vallée. Il devait reprendre le 7 juin le commandement des unités de la 29ème. Celui-ci était en effet assuré depuis le début des opérations par la 1ère Division pour tout Omaha Beach.

Dans la nuit du 6 et à l'aube du 7 Juin, son adjoint, le général Cota, a fait plusieurs voyages entre Vierville et Le Ruquet où se trouvait les PC de la 1ère Division (général Huebner) et du V°Corps (général Gerow).  Je ne sais à partir de quand il a pu disposer d'une jeep pour ces déplacements, peut-être dès la soirée du 6 juin, en revenant de son premier passage au Ruquet.

La situation était toujours peu sûre autour de Vierville et de St-Laurent, avec des difficultés continuelles dans les liaisons. Quand le colonel Canham (116°Rég.) est venu de Vierville au Ruquet à 9 heures du matin pour y rencontrer le général Cota et y retrouver ses 2° et 3° Bataillons, St-Laurent était toujours occupé par les Allemands et il est passé par la plage. 
La sortie St-Laurent (D3) n'était toujours pas ouverte. Le WN 66 sur la falaise à l'Est des Moulins tenait toujours. De petits groupes de tireurs, avec un soutien occasionnel de mitrailleuses et de mortiers, réapparaissaient en certains points le long de la falaise pour harceler la plage. 

Le 116°Régiment était durement éprouvé et la plupart de ses unités étaient encore éparpillées. Ses bataillons n'avaient encore aucun de leurs véhicules et devaient porter à bras les armes lourdes. Le bataillon I/116 a commencé la journée avec seulement 250 hommes à Vierville, mais au moins il avait récupéré son état-major. Les bataillons II/116 et III/116 étaient devant St-Laurent et sur le plateau. Les Rangers étaient environ 500 (5/Ran et moitié du 2/Ran). Il y avait aussi les 23 chars du 743ème TankBon, et ce qui restait du 121ème Génie. Au total un milliers d'hommes, alors que la force sous les ordres de Canham aurait dû compter 4000 hommes à Vierville.

Le régiment de renfort, le 115ème, lui aussi sans véhicules, avait bivouaqué au sud-est de St-Laurent.

Le 3ème régiment de la division, le 175ème, était encore à bord des transports, devant commencer à débarquer en principe à 10 h 30 sur Dog White.

Les Allemands étaient toujours près de Vierville dans le Sud, car de bonne heure à 5h30 le 7 juin, une attaque a forcé la Compagnie B du 121°Bat. du Génie à quitter l'Ormel, laissant des prisonniers , (voir suite du récit de Dube) et à reculer vers le village. Cette contre-attaque avait été confiée la veille au petit bataillon du Génie de la 352ème Div. (le 352 Pionere Abteilung). Rattaché au Régiment 916 (PC à Trévières), il devait attaquer depuis Louvières dès 2h00 du matin. Il est probable que l'attaque a été lente à se lancer et que les sapeurs Allemands n'avaient pas les moyens de pousser très loin, notamment faute d'armes lourdes, de blindés et d'artillerie (celle-ci avait dû se replier dans la nuit et ne fut vraiment de nouveau en action que le soir).
Cette affaire de l'Ormel et les infiltrations dans Vierville toute la journée ont inquiété beaucoup les Américains, toujours préoccupé par une éventuelle attaque de Panzers.

      
A la Pointe du Hoc
, l'autre moitié du 2/Ran était toujours isolée, affaiblie par de lourdes pertes et manquant de munitions. 

Les décisions suivantes ont donc été prises pour le matin du 7 juin:

        1/    Les Bataillons II/116 et III/116 (actuellement devant St-Laurent) devaient nettoyer les restes de résistance ennemie le long des falaises entre Vierville et St-Laurent.

        2/    Le Bataillon III/115 devait prendre le village de St-Laurent, le nettoyer complètement, et de là continuer sur Vierville pour tout autre travail analogue si nécessaire. 

        3/   Le reste du 115°Rég. (les Bataillons I/115 et II/115), devait pousser vers Longueville, en passant largement au Sud de Vierville, par Louvières, à travers champs.

        4/   Le Bataillon 1/116, le 5° Bataillon de Rangers et les Compagnies A, B et C du 2°Bataillon de Rangers, appuyés par des chars du 743° Bat., ont reçu l'ordre de partir vers l'Ouest sur la route vers la Pointe du Hoc.
Toutefois la contre-attaque Allemande du matin a conduit à rappeler d'urgence 4 des 9 compagnies Rangers avec quelques chars pour défendre Vierville.

      5/   Le troisième régiment de la 29ème Division, le 175ème régiment d'Infanterie devait débarquer  dès que possible en fin de matinée et être envoyé directement à Gruchy en traversant Vierville. En fait il n'a débarqué que dans l'après midi et à Saint-Laurent au lieu de Vierville. Après halte à Gruchy, il a été ensuite mis en route de nuit en direction de La Cambe et Isigny.  

      6/   Des renforts de blindés ont été débarqués dans le secteur de la 29ème DI, notamment:

               La CieD/743, équipée de 16 chars légers M5 Stuart.

               Le 747ème Bataillon de chars (48 chars Sherman et 16 chars Stuart).

               La moitié du 635ème bataillon de Tank-Destroyer M10 (l'autre moitié étant affectée à la 1ère DI) pour fournir un appui antichar (des canons de 90mm) aux chars moyens Sherman (équipés de 75mm seulement).

     7/   Le 7 juin 1944, à 6h00, le Colonel Canham a décidé de ramener son Command Group à St-Laurent. Le Command Group est revenu par la descente de Vierville et la plage vers les Moulins, et a repris contact avec le groupe "Communications" du Capitaine Sink qui avait débarqué là-bas.

Les villageois (voir souvenirs Michel Hardelay, page 511), eux, commençaient à réaliser leur Libération, à compter leurs morts et les destructions, à s'émerveiller de toutes ces nouveautés et ils s'inquiétaient comme les américains d'un retour possible des Allemands.

Vues de la plage de Vierville le 7 juin après la bataille

Récit d'Ernie Pyle, correspondant de guerre 


(détails) Le 7 juin, épave d'un des LCA de la Cie B/116, durement éprouvée la veille. A droite, un char Shermann noyé. A gauche, 2 obstacles type "C" qui émergent. Au large des transports mouillés au plus près de la plage.


(extrait de film) La descente de Vierville vers le 7 juin


(détails) 2 épaves de LCT devant Les Moulins,
au fond à gauche on voit
l'épave du LCI 92.


(détails) Epaves de LCVP


(détails) Au fond épaves de LCT



(détails) Un PC de campagne


Epave de char DD


Probablement le muret devant Dog White, vers le 7 juin


7 juin, des épaves et un GI mort


Un GI mort devant un camion GMC en feu (détails)


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Pancarte mémorial






(détails) A gauche de la villa Parmentier (détruite)


(détails) Un GI mort devant un obstacle
"rampe".Au fond des hérissons
et un half-track.

Témoignage du soldat Ugo Giannini de la 29ème Section de Police militaire, le 7 juin: " Je marchai au milieu d'épaves détruites à Vierville sur Mer, lentement, malgré moi, forcé de respirer l'odeur de la mort. J'étais seul, cherchant mes camarades, 37 hommes jetés sur cette plage hier matin (ou bien était-ce il y a des années ?)"


(détails) Un camion GMC devant l'épave dun LCVP

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(détails)Un marin mort sur son bateau.


(détails) Repas sommaire sur la plage

(détails)


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