(détails)schéma des diverses pénétrations des falaises vers Vierville

(détails) l'après midi et le soir


croquis établi sur la base des
indications de Michel Hardelay



(détails) Le château des Isles. C'est dans ce quartier de Vierville que s'est installé le colonel Canham l'après-midi du 6 juin.

 (détails)

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Le "Command Group" du 116ème Régiment
à Vierville dans l'après-midi du 6 juin

 

Dans Vierville, le groupe de commandement du Colonel Canham, après avoir lancé la compagnie C/116 sur la route de Grancamp, avait continué vers le Sud, en début d'après-midi, en formation déployée, rencontrant des tirs isolés de snipers ou mitrailleuses, arrivant finalement à l'emplacement prévu pour le PC, (une maison dans le quartier des "Isles"), au Sud de Vierville. 
Le petit groupe d'état-major (3 ou 4 officiers et 2 soldats) s'est retrouvé très vite isolé derrière une haie.
La radio était toujours incapable de contacter les unités. 
Le Sergent Moore de la Section Renseignement, a été tué dans un avant-poste.
Une section de la Compagnie B/5Rgr qui passait par là, en route vers l'Ouest, a été requise par le Colonel Canham pour assurer la sécurité du Command Group. 
Une patrouille de Rangers a ensuite été envoyée vers Louvières en vue de trouver le 2ème Bataillon dont c'était le point de rassemblement. (en fait le 2/116 avait débarqué, dispersé, au delà de St-Laurent et se trouvait toujours sur le plateau entre St-Laurent et le Ruquet). La patrouille de Rangers est revenue en rendant compte qu'il n'y avait aucune unité US au Sud de Louvières et que la campagne était infestée d'Allemands, 8 d'entre eux ayant été tués.

Le clocher de Vierville a été détruit en début d'après-midi par la Marine sans que le Colonel Canham ait même été informé. C'est peut-être dans cette circonstance qu'une salve de canons de marine a tué un Ranger et blessé 2 hommes du Command Group.
Enfin, dans un nouvel effort pour trouver le 2ème Bataillon, le capitaine Rice et le Warrant Officer Holland ont été envoyés en patrouille, toujours vers le Sud. Le Capitaine Rice est revenu et a rendu compte qu'il n'y avait aucune unité amie entre le PC et 1km au sud de Louvières, et que dans une escarmouche Mr. Holland avait été capturé.
Il y eut encore quelques accrochages près du P.C. dans l'après-midi et 15 Allemands furent tués dans le voisinage immédiat.

A 18 h 30, le commandant du 1er Bataillon s'est présenté au PC, venant de la plage Charlie (entre la Pointe de la Percée et Vierville, et le colonel Canham a appris pour la première fois ce qui était arrivé sur la plage en face de Vierville et de sa vallée.

Des unités dispersées des 2ème et 3ème Bataillons ont commencé à se signaler en arrivant au PC (Lt. Hendricks, Nathan et Kukis). Notamment un groupe de la Compagnie K/116 est arrivé en fin de soirée et a été utilisé pour la sécurité du PC.

Le Lt. Bradburry est arrivé avec des surnombres en renfort du 1er Bataillon. Ces 24 fantassins, débarqués dans l'après-midi, ont reconstitué, sous les ordres de Bradburry, la Cie A/116, avec les survivants valides de la matinée sur la plage devant Vierville, Bradbury a  pris aussi sous ses ordres les survivants de la Cie B/116.

Finalement en fin de journée, via la radio du 743ème Tank Bat., Canham a pu contacter son "groupe communications" (le Lt. Sink) , qui était près de St-Laurent. Canham a appris ainsi que les 2ème et 3ème Bataillons, durement éprouvés en traversant la plage à l'est de St-Laurent, se trouvaient en positions défensives au voisinage des Moulins et des quartiers Est de St-Laurent.
Le seul officier de ce "groupe communications" qui a pu rejoindre le PC de Canham a été le Capitaine Mac Grath, qui est arrivé très tard dans la soirée. Voir son récit détaillé.
Le Capitaine Mac Grath raconte notamment: "Quelques véhicules s'étaient installés pour la nuit dans la "Transit Area 1", à la droite du PC du régiment. Leur sécurité était ma préoccupation immédiate, car je savais qu'il 'y avais que très peu de fantassins en écran devant eux".

Le soldat Carl Weast, des Rangers, raconte une escarmouche dans le quartier des Isles et de l'Ormel, l'après midi du 6 juin:   

"Une maison était encore occupée par des Allemands. Un cycliste Allemand est arrivé par la route. Les Rangers l'ont abattu, et ont pris position devant la maison. Weast veillait lorsque un groupe d'Allemands est sorti des bâtiments et ont formé une colonne autour d'une charrette à 2 roues transportant des blessés. Les Allemands étaient inconscients de la présence des Américains, ils portaient leurs fusils en bandoulière.
"Ils tiraient la charrette, 2 tirant et 2 assurant l'équilibre. nous avons attendu qu'ils soient vraiment tout près, peut-être à 10m, et nous avons surgi sur la route, les armes pointées, ils se sont rendus immédiatement."

"Maintenant, dans ce genre de situation, que faire donc avec 25 prisonniers? Nous les avons mis dans un verger avec un gardien et avons essayé de les interroger. 

Diable! Ils n'étaient pas Allemands, ils étaient tout, Hongrois, Roumains, Russes, sauf Allemands (du moins ils le prétendaient). Il y avait un Allemand, sous-officier, d'âge moyen, avec l'air de vouloir faire n'importe quoi sauf la guerre. Il était seulement bien content d'être prisonnier, bien que préoccupé par une contre-attaque Allemande, mais quand même moins que nous."
"La situation devenait très très délicate. Le colonel Canham devait couvrir 1500m de front avec 35 hommes, et en s'attendant à une attaque blindée. De quoi avoir mauvais moral."
Comme l'après-midi avançait, il y eut une discussion chez les Rangers pour savoir s'il fallait tuer les prisonniers, mais Weast fit remarquer que c'était "non seulement immoral mais idiot."
Quand le soir est tombé, "nous les avons fait coucher tout près les uns des autres, avec un fusil-mitrailleur BAR à un bout, en leur faisant comprendre que dans la nuit nous ne les verrions pas mais que nous les entendrions, et que si on entendait quoi que ce soit ils recevraient tous une rafale de BAR. Ils ont couché là toute la nuit, et croyez moi, c'étaient des ennemis drôlement calmes."

Dans sa situation, le soir du 6 juin, le Colonel Canham a constaté qu'au lieu de disposer de 4000 hommes (y compris les Rangers) pour poursuivre sa mission vers Grandcamp et Isigny, il ne disposait que d'un millier de combattants: 500 Rangers, 250 fusilliers rescapés du I/116, une cinquantaine de fusilliers isolés des II et III/116, 150 sapeurs du 121st Engr Bn. Pas d'artillerie, pas de liaison radio avec la Marine pour l'appui de feu. Il ignorait où se trouvaient les bataillons II et III/116.
Il a donc dû renoncer à poursuivre son attaque, notamment vers la pointe du Hoc où 200 Rangers étaient isolés, et a formé une ligne de défense à l'ouest et au sud de Vierville. A partir de 21h00 une petite trentaine de chars survivants du 743th Tk Bn sont montés par la route venant de la plage.
Via la radio des chars, Canham a pu avoir une liaison avec le Groupe Communication de son Etat-Major (Le Capitaine Sink), qui se trouvait à l'est de Saint-Laurent avec les bataillons II/116 (ou plutôt de ce qu'il en restait avec le Lt-Colonel Bingham) et III/116 (qui était en meilleure forme, avec le Lt-Colonel Meeks).
Canham a alors décidé de déplacer à St-Laurent son PC avancé dès le lendemain matin 6h00 pour regrouper l'ensemble de son Quartier Général, et retrouver un contrôle complet sur son régiment dispersé par les combats du 6 juin.