plan du LCT mark 5


(détails) Un LCT débarque un bulldozer
 

(détails) 1  LCT décharge devant St-Laurent, on aperçoit à la côte le LCI 92 sur la limite Dog White/Dog Red

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(détails) Le bunker principal de Vierville le 7 juin, montrant les débris éclatés du mur antichar


(détails) Le 88, juste après la bataille


(détails) Le 88 mm vu de l'intérieur, après la bataille, vers le 8 juin

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Le 147ème Bataillon du Génie de Plage
(de la 6ème Brigade Spéciale du Génie)
à Vierville le 6 juin

Le 147ème Bataillon du Génie de Plage faisait partie de la 6ème Brigade Spéciale du Génie, chargée de l'exploitation à terre de la tête de pont "Omaha Beach". Ce bataillon était plus spécialement affecté aux plages de Vierville "Dog Green" et "Dog White".
Le gros de ses sapeurs ont débarqué sur Dog White avec les LCI 91 et 92 et ils ont subi de lourdes pertes lors de l'incendie de ces 2 grands navires sur la plage.

Quant aux véhicules et engins, ils devaient arriver vers 9h30 sur plusieurs LCT, mais ils ont été retardés et ont dérivé vers Le Ruquet, sauf 1 ou 2 LCT qui ont abordé Dog White ou Dog Red vers 11h00.

Le bataillon était donc dispersé et avant les regroupements, certains éléments ont suivi l'infanterie vers Vierville par la falaise.
 
Voici quelques témoignages concernant la Cie B/147:

(Extraits des Témoignages du Capitaine Roy Gordon et du Lieutenant George Itzel):

"Du fait des pertes initiales sur la plage, la compagnie B/147 était réduite de 50%. Un officier et 19 sapeurs ont été tués au débarquement. 35 sapeurs ont été brûlés, blessés ou retrouvés flottant à moitié noyés dans l'eau près du navire en perdition (un LCI devant Dog White vers 8h00). Le reste s'en est sorti et est arrivé au rivage.
Plus tard, ceux qui étaient gravement blessés ont dû être évacués sur Weymouth. Les plus gravement atteints ont même ensuite été renvoyés aux USA.

Le PC de la compagnie devait être installé au milieu du secteur Dog White (à la hauteur de la villa Raymond Marchal). L'emplacement était connu de chacun dans la Compagnie, pour le cas où il aurait eu besoin de quelque chose pendant les opérations. J'ai dû ramper vers cet emplacement à travers les obstacles. Il y avait des tirs de mitrailleuses partout. Et aussi, peu après mon arrivée, des tirs de mortiers et d'artillerie.

Les opérations ont donc commencé lentement. Le personnel chargé de tâches spécifiques devait être regroupé et de nouvelles affectations ordonnées. On n'était pas assez nombreux pour accomplir toutes les missions de suite. Le matériel spécialisé avait souvent été perdu et les expédients étaient à l'ordre du jour.

Le problème des tirs a été résolu quand nous avons pu installer une mitrailleuse légère visant le flanc des tranchées allemandes et ainsi chasser l'ennemi des falaises voisines.

La compagnie était gênée dans son travail par les troupes débarquées des péniches (la Cie C/116 et les Rangers) et qui ne partaient pas rapidement vers l'intérieur (vers 7h30/8h30).
Un moment leur avance a été bloquée dans la falaise et des encombrements sont survenus. J'étais si préoccupé que j'ai informé par radio le navire de commandement de cette situation. L'espace disponible était suffisamment restreint, sans qu'un amoncellement de troupes le transforme en objectif facile pour l'ennemi. Peu après un colonel d'infanterie est arrivé et a incité ses unités à partir.

Toutes les troupes du génie (au moins celles des Brigades Spéciales, mais non pas le 121ème Bataillon du Génie) étaient reconnaissables à leur 1/2 cercle blanc peint sur le devant de leur casque. Les troupes ne portant pas cette marque étaient invitées à partir.

Quand suffisamment de troupes ont quitté la zone entre route et falaise, (vers 9h00), nos sapeurs se sont mis à la nettoyer de ses pièges et de ses mines. Il fallait avoir la zone prête pour un premier de dépôt d'approvisionnements, pour les évacuations de blessés et pour le PC à agrandir. Plus tard un cimetière provisoire pour les morts du jour J y a été installé (un monument le commémore actuellement).

Les détecteurs de mines ont été utilisés pour déceler tout objet métallique, à déterrer soigneusement et faire sauter avec du TNT.
Toutes les troupes et équipements débarquant ont été confinés dans des zones sûres et bien marquées. Ces dispositions ont dû être appliquées pendant 2 jours.

La plage elle-même devait être nettoyée et délimitée exactement.
Les 3 types d'obstacles sur la plage étaient tous minés ou piégés d'une façon ou d'une autre. Les pieux ont été explosé par leur base. On a constaté qu'il y avait en général une mine cachée au pied. Un bloc de TNT coupait le pieu à la base et faisait en même temps exploser la mine. Les hérissons de métal étaient cassés en morceaux en plaçant un bloc de TNT au centre des croisillons. Tous les obstacles ont été enlevés à la fin du jour J .

Une difficulté est apparue très tôt quand les chars et autres véhicules n'ont  pu quitter la plage, les sorties D1 (Vierville) et D3 (St-Laurent) étant fermées. Un mur de béton en travers de D1 fermait la sortie, (à D3, St-Laurent, les Allemands ont gardé le passage jusqu'au lendemain).  Le Lieutenant Turpin, un de mes officiers m'a informé de ce problème et m'avertit aussi que l'on manquait de TNT sur place pour détruire le mur.

         Voir récit du Sergent Dube (121èmeGénie) de la destruction du mur

         Voici le récit correspondant fait par les sapeurs du 147ème Génie, qui ont participé à la destruction du mur, en rassemblant sapeurs, explosifs et bulldozers.