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Le Lieutenant Williams et le sergent Price, de la Cie B/116

"Après leur débarquement difficile vers 7h30, dans l'est de Dog White, (près de l'emplacement actuel des tennis Richard), sur le flanc gauche de la pénétration principale, le Lieutenant William B. Williams et 10 hommes de la Cie B/116 reposent dans le creux du talus de front de mer, sur le sable. 5 autres fantassins ont été touchés par le tir des mitrailleuses qui balaient la plage. De 6 autres, vu pour la dernière fois s'abritant dans une mare, on n'a plus jamais entendu parler. 

Comme Williams entraîne ses hommes pour traverser la route derrière le talus, de nouveaux obus de mortiers arrivent. Les hommes se dispersent. Williams conduit 7 survivants sur un sentier qui conduit par la falaise au dessus du point fortifié de la descente de St-Laurent (Les Moulins). Il reconnaît le terrain et sait que c'est un gros morceau. Le hameau des Moulins contrôle la descente de St-Laurent, d'où une route monte de la plage.

Williams et son groupe de 7 soldats sont les premiers Américains à l'approcher le matin de ce jour J. Un tir de mitrailleuse venant d'un abri en béton passe sur eux comme ils approchent du rebord de la crête, rampant maintenant dans l'herbe haute. Williams dit aux autres: "restez ici, ça va être difficile!". Ils se blotissent à terre, et il rampe seul en avant, par un petit ravin. Sans être aperçu, il arrive à 20 m de l'arme, obliquement en contre-bas. Il lance une grenade; mais il l'a gardée un peu trop longtemps et elle explose en l'air juste devant l'embrasure. Sa seconde grenade heurte le béton et rebondit vers lui. 3 de ses éclats le touchent aux épaules. Alors, sortant de la casemate, une grenade allemande à manche vole vers lui et explose à 1 ou 2 mètres. 5 éclats de plus le déchirent. Il commence à ramper en arrière vers ses hommes; en chemin, 3 balles de mitrailleuses le touchent à la hanche et la jambe droite.

Les 7 fantassins sont toujours là. Williams tend sa carte et sa boussole au sergent Frank M. Price en lui disant: "C'est votre job maintenant. Retournez vers Vierville". Price commence à regarder les blessures de Williams, mais Williams hoche la tête et lui dit: "Non, partez". Il s'installe dans un trou du talus, reste là toute la journée, et finit par recevoir des soins juste avant minuit.

En quittant Williams, la première chose que fait Price est de donner la carte et la boussole (symboles du commandement) au sergent William Pearce, dont l'ancienneté avait été ignorée par le lieutenant. Ils traversent une dépression, un homme à la fois, et un peu au delà arrivent sur un ravin; de l'autre côté, ils butent sur leur première haie, et comme ils cherchent un passage, des tirs arrivent à nouveau vers eux. Derrière une seconde haie, à pas plus de 30m, il y a 7 allemands, 5 fusils et 2 lance-grenades. De forces égales, les deux groupes combattent près d'une heure, apparemment sans que personne soit touché. Alors Pearce termine en rampant le long d'un fossé sur le côté. Il tue les 7 Allemands avec un fusil-mitrailleur BAR.


Pour Pearce et ses amis, c'est la première expérience de combat. Le succès est excitant. La tête haute, ils marchent le long de la route vers Vierville, sans précaution. Ils y arrivent peut-être vers 10h00, mais heureusement le village est déjà fermement entre les mains du lieutenant Walter Taylor (de la Cie B/116 aussi) et des 20 survivants de sa section de bateau.


(détails)
schéma des diverses pénétrations des falaises vers Vierville

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