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Pancarte mémorial installée par des GI


(détails)La zone de pénétration de la C/116 et du 5/Rgr avec les 2 haies de pins rabougris

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Les GI sont entrés dans Vierville par le Hamel au Prêtre

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L'épicerie Dumont au début de la rue du Hamel-au-Prêtre


(détails)La rue Pavée par où est passée la C/116 et le Général Cota

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L'épicerie Legallois dans la rue Pavée


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le château et les fermes de Vierville en direction de Grandcamp


la ferme de Crespigny, la dernière de Vierville sur la route de Grandcamp

 

 

 

 

 

 

 

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Compte-rendu des opérations de la Cie C/116
(de la plage jusqu'à Vierville)

 (suite des extraits de l'interview des hommes de la CieC/116 par le Lieutenant Shea)

Le Lieutenant Bedell (cdt la section "Assaut" N°1), en cherchant combien il avait d'hommes dans sa section, a aperçu le général Cota: 
"Il agitait son pistolet Colt 45 calmement, et lui a dit comme çà "Eh bien Lieutenant, il faut qu'on sorte les hommes de cette plage. Il faut les faire partir" a raconté Bedell en parlant de sa première rencontre avec Cota. Bedell a commencé à disposer une équipe pour couper la double ceinture de barbelés qui s'étendait le long de la route étroite longeant le front de mer au delà de la murette. A ce moment personne ne se souvient avoir vu le Colonel Canham.
Bedell et 2 de ses hommes (les soldats Lambert et Pat Keefes) se sont glissé par dessus la murette et ont franchi les barbelés. Ils étaient si occupés à ce travail qu'il n'ont pas entendu qu'un second passage s'était fait quelques minutes après avec une torpille "Bangalore".

Le Sergent Frances E. Huesset était avec la section "Soutien" du Lieutenant Schwartz. Il a décrit ainsi ce qui a précédé cette ouverture des barbelés par une Bangalore, et il parle aussi de Cota:
"Il (Cota) est arrivé, agitant son pistolet, et nous a dit de filer de la plage, que nous devions traverser les barbelés. Nous avons tous pensé que s'il pouvait aller et venir comme çà, on pouvait le faire aussi"
Des sections de perches Bangalore ont été glissées sous le barbelé par 3 fantassins de la section Schwartz. Huesset se souvient qu'un soldat, dont il ne se rappelle plus le nom, a placé la dernière section et a tiré sur l'allumeur à friction. Chacun a attendu quelques minutes mais rien ne s'est passé. Alors le Lieutenant Schwartz est allé lui-même sur la murette et a fait quelque chose. En tous cas, il est revenu peu après, chacun s'est tassé à l'abri et les barbelés ont été déchirés par l'explosion.
Huesset a dit que la brèche était 30 à 40 m à gauche de l'étrave du LCI 91 en feu. 
(il était environ 08h00, la mer était à mi-marée et le LCI était échoué à au moins 100 ou 150 m du front de mer, au milieu des obstacles)
Aucun des témoins ne se souvient du nom du premier qui a franchi la brèche, mais tous se souviennent de ce qui lui est arrivé alors qu'il courait à travers le couloir encore fumant. Beaucoup l'ont vu touché par plusieurs balles de mitrailleuses. Il s'est effondré sur le côté gauche des barbelés et on l'a entendu appeler les infirmiers et puis sa mère. Après, personne d'autre n'a été touché en traversant les barbelés ni dans l'espace plat et découvert au-delà.

Les mouvements des groupes de Scharwtz et de Bedell ont dû être simultanés, alors qu'ils se glissaient à travers les barbelés, en bas d'un petit talus et dans une série de tranchées de communications peu profondes qui s'étendaient à droite en diagonale entre la route et le pied de la falaise.
Les files séparées des 2 groupes se sont rejointes alors que les hommes avançaient par les tranchées, et gagnaient ensuite l'abri de quelques buissons près du pied des falaises.

La colonne unique résultant des 2 brèches a filé d'abord vers l'ouest avant de commencer à grimper par la droite.

L'élément de tête qui est arrivé sur le plateau s'étendant vers Vierville était celui de Bedell avec la section "Assaut" N°1.

Pendant la période confuse qui a précédé et suivi immédiatement la percée des barbelés, les hommes ont remarqué que des soldats de nombreuses autres unités étaient mélangés avec la colonne de la Cie C/116 se dirigeant des barbelés jusqu'en haut de la falaise. Les témoins se souviennent de membres des Cies A et B/116, et quelques Rangers. Ils ne sont pas sûrs des unités Rangers concernées, mais plusieurs se souviennent de Rangers se disant de la Compagnie Charley  (probablement la CieC/5Rgr).
Pendant que la Cie C/116 réussissait à traverser les barbelés, et à quitter la plage dans la zone du LCI 91, un autre groupe a fait la même chose plus à l'ouest.


La colonne de Bedell, a suivi un vague sentier montant vers la droite, en travers de la falaise. Il y avait peu de tirs dirigés vers la colonne, elle était à l'abri de tirs directs et les Allemands qui ne voyaient pas ce secteur ne pouvaient y ajuster des tirs de mortier. La difficulté principale est venue de la crainte des mines anti-personnel. Les hommes se sont avancés lentement, fouillant le terrain avant de placer un pied devant l'autre.
Les hommes se souviennent d'une petite fondation abandonnée, de béton ou de pierre, près de la crête. La tête de la colonne grimpait lentement à cet endroit quand les hommes virent plusieurs prisonniers Allemands, reconduits vers la plage par un seul Américain, tués par des tirs Allemands. Les témoins se souviennent qu'un soldat avait remarqué un des Allemands touché aux jambes, agenouillé dans une position de supplication et pourtant achevé par un second tir de mitrailleuses venant de positions en hauteur, vers l'est de la colonne.


Tous les hommes se souviennent d'un groupe de pins rabougris qui se trouvaient là où la première colonne a atteint le sommet et commencé à se déplacer sur le plateau.

(ces pins existent toujours, moins nombreux, en 2 haies orientées Nord-Sud, au dessus des villas Raymond Marchal et Voisin)
Bedell et ses hommes sont sûrs que leur élément est le premier à avoir atteint le sommet dans ce secteur. Ils n'ont vu aucune autre troupe. Ils étaient mélangés avec d'autres unités, Rangers surtout, et ils étaient contents d'être sur le plateau.
Les hommes de tête sur le plateau ont été visés par des tirs de mitrailleuses venant de la droite et de la gauche. Certains soldats se souviennent de plusieurs obus dans le voisinage à ce moment. Les mitrailleuses ont cloué la colonne au sol. Alors à nouveau les hommes ont remarqué l'action du général Cota arrivant pour les faire avancer. Plusieurs de ces hommes au sol se souviennent de Cota leur disant: "Maintenant on va voir de quoi vous êtes faits. C'est là qu'on distingue les hommes des enfants".

Mais tout était désorganisé, et même le général ne pouvait tout réorganiser facilement.

Au moins 2 hommes ont été blessés à cet endroit par des mitrailleuses, l'un avait un morceau de la hanche droite emporté.
Finalement Cota a demandé des "volontaires" pour "avoir ce type sur la gauche". 3 Rangers ont dit qu'ils y allaient et ont commencé à avancer le long d'une haie basse et d'un fossé qui courait vers le sud. Par ce chemin ils pourraient déborder la mitrailleuse par son flanc droit. Des témoins se souviennent avoir remarqué plus tard 2 des 3 Rangers sur la route de Vierville. Les Rangers leur ont dit que l'un des 3 avait été tué en s'approchant de la mitrailleuse. Comme preuve du succès de leur mission, l'un de 2 paradait en portant une MG42. Autour de son cou pendaient plusieurs bandes de mitrailleuses allemandes.
Quand les 3 Rangers sont partis pour leur manúuvre de débordement, le reste de la colonne s'est arrêté. Les seuls autres tirs étaient des rafales isolées provenant de la droite, de quelques maisons de Vierville.

Bedell a fait partir sa colonne dès que les tirs venant de la gauche ont cessé. Les hommes se sont dirigés droit vers le sud car Bedell voulait atteindre la route St-Laurent - Vierville, puis virer à l'ouest pour entrer dans Vierville.
Des tirs de la droite ont continué à bloquer les éléments de l'arrière, et c'est ce groupe que le Général Cota a essayé d'envoyer vers Vierville à travers champs. Finalement il a cessé ses exhortations, il s'est avancé seul, et les hommes l'ont suivi en le voyant.
Ce n'est pas la route St-Laurent - Vierville que Bedell et ses hommes ont atteint mais plutôt la route secondaire (le chemin du Hamel-au-Prêtre) qui va de Vierville aux Moulins, à 2/300m à l'est de la fourche qui sépare les 2 routes.
Il était environ 9h10 quand les premiers éléments ont atteint cette route et tourné vers l'ouest. L'avance vers Vierville était ralentie - en tout cas les témoins en ont eu l'impression.

      
Des tirs de mitrailleuses au bord de la falaise ont désorganisé la longue file derrière eux. Alors qu'ils s'avançaient lentement vers Vierville, la queue de la colonne qui avait suivi Cota à travers champs est arrivée sur la route près d'une vieille grille. Une réorganisation a été faite et Bedell a été envoyé avec sa section en tête de la colonne pour servir d'avant-garde dans Vierville.

A la question "combien de temps pour traverser le plateau et entrer dans Vierville?" les témoins ont répondu au moins 1 heure pour entrer dans le village.
Tous pensent que c'est vers 10h00 que les premiers éléments sont arrivés au carrefour principal (celui de la fourche des routes du Hamel au Prêtre et de St-Laurent), la section du Lt. Bedell en tête. Toutefois la colonne de troupes derrière s'était étirée depuis la falaise et le plateau.

Les premiers éléments de la Cie C/116 à entrer dans Vierville étaient la Section "Assaut" N°1 conduite par le Lt. Bedell. Rapidement ils ont parcouru les rues étroites du village où des débris encombraient le passage, suite aux bombardements préliminaires. Une charrette à cheval était couchée sur le côté, l'animal mort entre les brancards. Une poignée de villageois jetaient un oeil par les fenêtres brisées, regardant apeurés et perplexes, les troupes envahissant la bourgade. Ils ne semblaient pas particulièrement choqués par le bombardement qui avait précédé l'arrivée des troupes.
(ce bombardement avait eu lieu vers 06H00 du matin, constitué par des obus perdus de 127mm du "Texas" ou de destroyers qui visaient les fortifications côtières; peut-être une douzaine d'obus étaient tombés sur le centre, sans compter les 3 ou 4  qui avaient atteint le château; enfin la Cie C/116 n'était pas la première unité US à traverser Vierville, au moins un petit groupe de Rangers du 2ème Bat (cies A ou B/2Rgr) et la section  du Lieutenant Taylor de la Cie B/116, étaient passés entre 09h00 et 10h00, les Rangers partant vers l'ouest et Taylor allant à l'Ormel après avoir chassé quelques Allemands du village).

Bedell et ses hommes n'ont pas vu d'autres troupes au voisinage du carrefour ni autour du village et ont continué à l'ouest vers Grandcamp. A cet instant le Général Cota était à environ 50m en arrière de la tête de colonne.

Aucun tir n'a ralenti la traversée de Vierville. Cota est resté près du carrefour principal, espérant rencontrer le Colonel Canham, pendant que Bedell continuait vers l'ouest.
Les éléments de Bedell ont dépassé les derniers bâtiments de Vierville (ferme de Crespigny) avant d'être bloqués par des tirs. Une première rafale automatique et plusieurs tirs isolés et ajustés tuèrent 3 hommes, la colonne s'est retrouvé dans les fossés, se demandant quoi faire.

Morse, les Rangers et ses armes lourdes avaient entre temps passés le carrefour et se trouvaient sur la queue de la colonne Bedell. Morse voyant la colonne stoppée, s'est avancé pour voir ce qui se passait. En revenant vers ses hommes, il a vu Cota pour la première fois. Il était environ 11h00, Cota avait aperçu la colonne arrêtée et allait voir ce qui la bloquait.
Morse raconte: "des tués dans le fossé avaient été atteint par des snipers. Mais Cota restait debout, le pistolet Colt 45 à la main. Il nous a dit de sortir de la route pour pouvoir manoeuvrer contre ces tireurs."

Le Lt. Bedell et le Capitaine Hawks, cdt. la Compagnie C/116, ont alors fait faire demi-tour à la tête de colonne. Le Général est revenu au croisement (où il a vu le colonel Canham) et il a commencé sa descente vers la mer par la route- JT Shea)
(vers 12h30).

Bedell a reconduit sa colonne vers Vierville, traversé des cours de ferme (ferme de Crespigny, ferme Dubois, ferme de Normanville) et passé par des champs bordés de haies au sud. Il voulait déborder les Allemands par leur flanc droit.
C'est là que le problème typiquement normand des haies s'est présenté à lui pour la première fois.
Bedell et le Lieutenant Schwartz avaient leurs hommes collés aux haies courant vers le sud depuis les fermes (
Normanville et Crespigny) , mais tout mouvement pour les franchir et continuer vers l'est était arrêté par des tirs d'armes légères et automatiques à la distance de 2/300m.
Les Allemands étaient évidemment bien camouflés et les fantassins furent incapables de déceler leurs emplacements.  Les Allemands utilisaient des poudres sans fumée (contrairement aux Américains).

Une tentative a été faite pour traverser un champ vers l'ouest. 2 éclaireurs sont passés par dessus la haie sans se faire tirer dessus. Ils ont commencé à traverser le champ, mais malgré les tirs de couverture des troupes alignées le long de la haie, un des éclaireurs a été tué et l'autre blessé mortellement. Le blessé est resté sur place toute la journée. Personne n'a pu aller le chercher avant la nuit. C'est ici aussi que le Lieutenant Schwartz a été tué.


Au même moment la Cie C/116 (plus quelques hommes des Cies B et D) se sont organisées dans les champs au sud de ces fermes, les Rangers s'établissant de l'autre côté (nord) de la route. Le Lt. Bedell a remarqué, en traversant les fermes au sud de la route, un Ranger envoyant en tir indirect des obus de bazookas sur une maison côté nord. Il y suspectait la présence d'un sniper et son cri d'avertissement envoya une grêle de balles et de bazookas sur cette maison.

Les témoins sont d'accord pour qualifier les Rangers: "Individuellement, c'étaient les meilleurs, les plus courageux combattants que nous avons rencontrés. Mais on ne pouvait les faire travailler en équipes"

Constatant que cette dure opposition bloquait toutes leurs tentatives pour avancer vers l'ouest, le Capitaine Hawks et le Lt. Bedell ont décidé de se mettre sur la défensive, et de chercher le reste du régiment et le QG du bataillon.
Hawks n'avait à ce moment aucune liaison, ni radio, ni par fil, ni physique avec ces éléments dont il ignorait la position.
(les 2ème et 3ème bataillons étaient au delà de St-Laurent et le QG du 1er Bataillonétait encore bloqué sous les falaises entre la Percée et Vierville)
Ainsi ces premiers éléments du bataillon se sont enterrés et sont restés là pour le reste de la journée. La "ligne principale de résistance" a été établie et prolongée côté nord de la route par les Rangers dans des circonstances analogues. Plusieurs hommes avaient été tués par les tirs répétés des Allemands.