(détails)
schéma des diverses pénétrations des falaises vers Vierville


Pancarte mémorial installée par des GI


(détails) Tranchées à l'Est du WN70


(détails)Les GI sont entrés dans Vierville par le Hamel au Prêtre

(détails) L'épicerie Dumont au début de la rue du Hamel-au-Prêtre


(détails)La rue Pavée par où est passée la C/116 et le Général Cota

(détails)


(détails)le château et les fermes de Vierville en direction de Grandcamp

 

331

La progression de la compagnie C/116 de la plage jusqu'à Vierville

 

Sur le secteur Dog White entre le 1er cimetière et la villa Richard,  la Compagnie C du 116°Rég.d'Infanterie avait débarqué vers 07h10 dans de relativement bonnes conditions et n'avait subi que des pertes très légères, mais les hommes s'étaient tassés le long du talus de galets, au pied d'un mur en troncs d'arbres sur le front de mer. 
Mêlés à ces troupes se trouvaient quelques sections venant d'autres unités du 116°Rég. et quelques éléments du génie (121ème et 147ème Bataillons du Génie). Immédiatement derrière, le 5ème Bataillon de Rangers a débarqué à son tour.

L'ensemble représentait environ 700 fantassins, Rangers et quelques sapeurs.

La mise en route de toutes ces troupes fut stimulée par la présence du général Cota et du groupe de commandement du 116°Régiment qui avaient débarqué au même endroit vers 07h30. Exposés au feu ennemi, qui a blessé le colonel Canham au poignet, ces officiers ont marché de long en large derrière le talus, pressant les officiers et les sous-officiers de faire avancer leurs hommes.

Voir les témoignages de soldats de la Compagnie C/116, recueillis par le Lieutenant Shea

Le secteur (des anciennes villas complètement démolies) était favorable à une progression sur la zone plate derrière la route, et à l'escalade des falaises. Les points forts Allemands les plus proches étaient à plusieurs centaines de mètres sur chaque flanc et il n'y avait pas de tirs concentrés sur cette zone pourtant remplie de troupes.

Une fumée épaisse produite par herbes en flammes sur les pentes des falaises s'étirait vers l'est. Du talus de galets au pied de la falaise, il n'y avait guère que 150 mètres, mais ce terrain plat, avec quelques endroits marécageux, était pratiquement vide de tout couvert sauf quelques ruines.

La progression de la Compagnie C/116 a commençé vers 7h 50. Le long de la route qui bordait le front de mer, il y avait un double réseau de barbelés entremêlés.

Le soldat Ingram E. Lambert a sauté par-dessus la murette, traversé la route et préparé une perche Bangalore. Quand il a tiré la mise à feu à friction, elle n'a pas fonctionné et Lambert a été tué par une balle. Le chef de peloton, le Sous-Lieutenant Stanley M. Schwartz, a sauté à son tour et réparé la mise à feu. L'explosion a ouvert une grande brèche; le premier homme qui a essayé d'y passer a été tué, mais d'autres ont suivi et ont pu s'abriter dans quelques tranchées vides tout près de la route, où ils ont été rejoints par un autre groupe qui avait franchi le réseau en coupant les barbelés. Après 5 à 10 minutes, pendant que d'autres troupes traversaient la route jusqu'aux tranchées, ils se sont dirigé vers la falaise.

La falaise était nue, pas très raide, les hommes en grimpant trouvaient des petits replis de terrain et des dépressions procurant des abris contre le tir des armes légères. Les défenses Allemandes sur cette partie de Dog White comportaient des positions de tireurs, peu nombreuses, parfois vides de défenseurs, et reliées entre elles par des tranchées profondes, situées juste sur la crête de la falaise.           

La pente et la fumée fournissaient une bonne protection, mais l'avance a été ralentie par la crainte des mines. Les hommes ont grimpé en colonne resserrée, tâtant le terrain devant eux et obliquant vers l'ouest pour profiter d'un sentier à peine tracé. 

Aucun ennemi n'a été rencontré dans les tranchées sur la crête. La colonne s'est avancée d'environ deux cents mètres dans des champs plats et nus, et elle s'est arrêtée en rencontrant des tirs sporadiques de mitrailleuses à quelque distance sur ses flancs. C'était le seul signe de résistance ennemie et la Compagnie C/116 n'avait perdu qu'une demi-douzaine de soldats depuis qu'elle avait quitté le talus de galets.

Le capitaine Berthier B. Hawks, qui s'était fait une entorse en débarquant, est arrivé au sommet avec ses hommes. Vers 8h00, ils étaient tous sur la falaise, obligés néanmoins de s'abriter à terre dans un terrain découvert.

Le Général Cota a atteint lui aussi la crête au dessus de la partie centrale de la plage de Vierville. Cota et le groupe de commandement du 116ème Régiment (Colonel Canham) ont passé beaucoup de temps à séparer les unités entremêlées avec les Rangers. La progression n'a repris que vers 10h00. Il avait fallu s'organiser en groupes d'appui feu et en groupes de manúuvre. Un des groupes assurait un tir continu sur les positions Allemandes pendant que les autres avançaient par bonds dans le terrain nu. Finalement, les Allemands ont disparu.

La Compagnie C/116, avec le Général Cota derrière le groupe de tête, est arrivée sur la route qui entre dans Vierville par le Hamel-au-Prêtre. Ils se sont dirigés vers Vierville où ils sont entrés un peu après 10h00. Il y a eu très peu de tirs dans les faubourgs, et d'ailleurs, le village avait été traversé par des Rangers et par la section Taylor une heure ou deux avant.
           
Dans Vierville les Américains rencontrèrent leurs premiers civils Français. Il n'y a pas eu de manifestations, à peine un échange de saluts, les français étaient généralement dans des abris sommaires pour s'abriter des obus et des balles, certainsa vaient fui dans la campagne. En général, les Américains et les Français se sont regardé simplement alors que les Américains traversaient le village. (Voir aussi le témoignage de Madame Dubois)
Les hommes de la compagnie C se souviennent de Cota marchant dans l'étroite rue principale, faisant tourner son Colt dans son index, comme un vieux pistolero du Far West.
A l'Ouest de Vierville, Cota a envoyé quelques Rangers (des Cies A et B/2Rgr) qui étaient là, en direction de la pointe du Hoc. Ils ont rencontré une forte résistance à la sortie du village. Quand leur avance a été bloquée, Cota s'est hâté sur l'avant de la colonne et il a assisté le chef de section dans l'organisation de ses forces.

La compagnie C/116 a traversé Vierville sans opposition, et elle a été envoyée aussi vers l'Ouest sur la route de Grancamp, vers la pointe du Hoc. A environ 500m de Vierville, elle a été stoppée par des tirs de mitrailleuses venant des haies. Pendant 2 heures, les Américains ont essayé de les déborder, mais ils étaient toujours bloqués par d'autres tirs. Toutes les tentatives pour traverser un champ découvert étaient arrêtées par des tirs de fusils et de mitrailleuses à 200 ou 300m de distance.
Il semble que des Allemands de la 9ème Cie du 726ème Régiment, ceux de Gruchy avaient installés un écran de défense à l'Ouest de Vierville dans la matinée. Ils ont peut-être été soutenus par quelques éléments du 513ème bataillon de la 30ème Brigade Mobile venus dans la nuit de Coutances jusqu'à la pointe du Hoc et le WN74 à la Percée.  C'est au cours de ces combats que le Capitaine Gründschloss, cdt la 9ème compagnie a été tué.

 

Retour Accueil