Le LCI 92 est détruit à 8h00 sur la plage Dog White

 

 




Plans du LCI
(Landing Craft Infantry)


(détails)
A 12h15, le LCI 92 échoué sur les galets, accompagné de 5 chars sur la route côtière. On est à la limite Dog White-Dog Red, devant les ruines des anciennes villas Richard, Lebrec, Auzou et Roide


(détails) Lors de la tempête des 19-21 juin, des LCT s'écrasant sur le LCI 92 échoué là depuis le matin du 6 juin


(voir détails)
Remarquer l'épave du LCI 92 près de la Percée. Sous les falaises des épaves de Bombardons et de Whale

Vers 8h00, quelques minutes après le LCI 91, un autre grand navire, le LCI 92, transportant des hommes des 121ème et 147ème Bataillons du Génie et de la 6ème Brigade Spéciale du Génie est arrivé dans le même secteur (à la limite Dog White et Dog Red, à peu près en face des actuels tennis Richard). Il est arrivé derrière leLCI 91 et s'est placé sous son vent dans l'espoir d'être caché par sa fumée. Il a subi presque le même sort, une explosion a éventré la cale avant, mettant le feu aux réservoirs de carburant.
Beaucoup des hommes qui sont arrivés au rivage étaient gravement brûlés, et notamment le Colonel Chase, adjoint du Cdt la 6ème Brigade Spéciale du Génie.

L'équipage du LCI 92 a lutté contre le feu pendant plusieurs heures, mais finalement l'ordre d'évacuation a dû être donné vers 14h00. Le navire avait été repoussé par la marée jusqu'au talus de galets.

(l'épave de ce LCI a été pendant plusieurs mois échouée là avant d'être remorquée jusque sous la falaise avant la Percée où elle est restée plusieurs années, jusqu'à sa récupération par les ferrailleurs de l'Entreprise Van Loo)





(détails) Le LCI 92 sur le talus de galets. Ses marques 92 ont été censurées sur la photo




(détails)




(détails) L'épave du LCI 92 en 1944, sur le lieu de sa destruction , et avant qu'elle soit déplacée sous la falaise près de la Percée.


L'épave prête à être remise à l'eau et remorquée à la Percée, août ou sept 1944

Voir l'interessant récit d'un matelot du LCI 92

Voici le témoignage d'un sapeur débarquant du LCI 92:

Ce LCI 92, abordant Dog White vers 8h10, a été atteint à la proue par un obus, à 300m du rivage, alors qu'il faisait sa première tentative pour traverser les obstacles. Le sergent Debs Peters du 121ème bataillon du génie était à bord. Il se souvient: "Nous nous sommes mis en travers des lames, parallèle à la plage pendant quelques instants. Nous avons été touchés au milieu, il y a eu une explosion. Ceux qui étaient sur le pont ont été pris dans les flammes du mazout en feu et nous avons roulé par dessus bord. Je suis tombé dans l'eau, immédiatement entraîné au fond."  Il a gonflé sa ceinture MaeWest et refait surface.

"Les Allemands ratissaient tout le coin avec leurs mitrailleuses. Je me suis accroché à un de ces pieux pour reprendre ma respiration, puis je suis allé sur un autre. Finalement, je me suis retrouvé à 50 m du rivage. La marée était haute maintenant, l'eau atteignait presque la route."
Quand Peters est arrivé sur le sable: "J'étais si lourd de sable et d'eau que je me traînais."  Il s'est installé derrière un char qui a été touché par un obus. Des éclats ont blessé un homme à côté et il a été touché à la joue. Il avait de la chance. 

(C'est une expérience que de nombreux soldats firent ce jour-là; s'abriter en urgence derrière un char endommagé ou un half-track, ou un autre engin, mais c'était une erreur car les chars étaient aussi des objectifs pour les canons allemands.)

Peters a atteint le talus de galets. Là il a trouvé le capitaine John McAllister et le major Robert Steward. "Nous nous sommes rendu compte qu'il ne fallait pas rester là, et le major Steward m'a dit d'avancer et de chercher les mines." Peters n'avait pas de détecteur, seulement un couteau de tranchée, mais il y est allé quand même.
"J'ai sauté sur la route, l'ai traversée, suis tombé dans un fossé, me suis relevé à travers une zone de broussailles, et puis je suis monté sur la falaise." Il grimpait avec prudence, testant le terrain avec son couteau, laissant derrière lui une bande blanche pour signaler la piste. Près du sommet, il a commencé à recevoir des tirs de mitrailleuses. Des balles ont déchiré son sac et une autre a fait un trou dans son casque. Il a jeté une grenade dans la direction de la casemate et les tirs ont cessé. Il avait fait son travail et même plus.

 
Autre témoignage, d'un marin de la 6ème BSG, débarquant aussi du LCI 92:

Le maître principal Garwood Bacon du 7ème Bataillon Naval de Plage était sur le LCI 92 qui a heurté une mine à 8h10 sur Dog White. Il y a eu beaucoup de blessés; le navire brûlait. Avec les autres de son groupe, Bacon a mis à l'eau un radeau gonflable; il est monté à bord pendant qu'ils y plaçaient une radio, des médicaments en plus de leurs armes et munitions. Alors que des balles de fusil et mitrailleuses sifflaient à leurs oreilles, ils ont conduit le radeau à travers les obstacles jusqu'au rivage, et ont déchargé son contenu sur le sable.

              "Hé! Bacon," a appelé le marin Johnakin, "Vous croyez qu'on pourrait retourner au bateau? Il y a des blessés qui ne pourront s'en sortir seul jusqu'ici."
              "Si vous voulez, on va essayer," a répondu Bacon.

Ils ont rassemblé leurs affaires, mitraillettes Thompson, casques sur la plage, ont repris le radeau et l'ont guidé à nouveau dans les obstacles, essayant d'éviter les balles, tout en repêchant des blessés dans l'eau. "En quelques minutes, une quinzaine de blessés et de non-nageurs ont été hissés dedans ou se sont accroché à l'extérieur, et avec l'aide des bras et pieds disponibles, ils ont réussi à revenir sur le sable où plusieurs soldats valides les ont aidé à tirer les blessés à l'abri du talus de galets et à leur donner les premiers soins chaque fois que possible."

Bacon a attrapé une carabine (quelqu'un avait déjà piqué son Tommy Gun) et il est allé jusqu'au talus de galets. Il a vu un groupe d'une cinquantaine d'hommes, "tous prostrés sur le sable et les cailloux. Pensant qu'ils étaient là pour se protéger des tirs, je me suis jeté au sol entre deux soldats et j'ai enfoncé ma tête dans le sable. Tout d'un coup j'ai réalisé qu'il n'y avais pas de sifflements de balles au-dessus et j'ai levé la tête prudemment en regardant autour de moi. Ce que j'ai vu m'a glacé le sang. L'un de mes voisin était sans tête, l'autre presque coupé en deux. Tous étaient morts."
(c'était probablement des GI tués devant la descente de Vierville et que la marée et les courants avaient poussés vers Saint-Laurent)
Il ne pouvait soigner des morts et il est parti retrouver son groupe.

 

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