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La Compagnie B du 147ème Bataillon du Génie de plage

Le débarquement de la Compagnie B/147

Extraits du témoignage des officiers de la Compagnie (le capitaine Roy Gordon et le lieutenant George Itzel):

"700mètres de rivage, dénommés Dog White, étaient affectés à la compagnie, dont la mission consistait à 
           1/ Délimiter la plage avec des panneaux blancs
           2/ Retirer les mines et obstacles subsistant entre basse mer et pied de falaise
           3/ Faciliter la circulation des hommes et du matériel des navires vers le rivage
           4/ Assurer la sécurité dans la zone Dog White

Le plan de transport prévoyait un détachement (1 officier et 8 sapeurs) dans un LCVP et un groupe de 4 officiers et 86 sapeurs dans le LCI 91. Le reste de la compagnie, véhicules, bulldozers, grues, avec leurs conducteurs étaient transportés dans divers LST, LCT et LCM, de l'US Navy et de l'US Coast Guard. Tous venaient de Weymouth en Angleterre
La compagnie B était complétée par 1 officier et plusieurs secouristes du 147ème Bat, qui devaient se charger des premiers secours et des évacuations sur la plage. Il y avait en plus sur le LCI 91 de nombreux officiers et sapeurs du 116ème Régt. (121ème Bataillon du Génie). Beaucoup de marins devaient aussi débarquer avec le 147ème Bataillon pour se charger des évacuations par mer des blessés vers les navires-hôpitaux ou l'Angleterre.

Dès le début, le LCVP (prévu à 7h10) chargé du détachement de marqueurs de plage a dérivé sur Dog Red, plusieurs centaines de mètres plus à l'Est, sous St-Laurent. Accueilli par des tirs de mortiers et mitrailleuses, l'officier et 4 sapeurs ont été tués. Les survivants, choqués et désorientés, n'ont pu assurer leur tâche que plus tard dans la matinée.

 
Le groupe principal, sur le LCI 91, devait aborder Dog White à 7h30. Bien que la plage n'ait pas été marquée, son skipper a dirigé le LCI à l'heure et sur le bon endroit.
Dès que la péniche a talonné et que la rampe bâbord a été abaissée, je suis descendu et entré dans l'eau. Avançant vers le rivage, l'eau est devenue plus profonde. Le bateau avait touché un banc de sable et un chenal profond se trouvait devant sur 100m de largeur. L'eau était si profonde qu'il fallait nager sur 15/20 m.

En regardant en arrière, j'ai vu de la fumée sortir du côté tribord. La péniche avait reculé un peu et se trouvait à 45° de la plage, exposant son flanc tribord aux tirs ennemis.

Des hommes essayaient de descendre par les rampes, d'autres sautaient par dessus bord. Certains étaient  toujours à bord, bloqués dans les décombres. J'en ai vu d'autres nageant vers le rivage, d'autres flottant, apparemment morts ou blessés gravement. D'autres dérivaient vers le large. Certains ont été récupérés en mer et se sont retrouvé sur les navires-hôpitaux mouillés au large, d'autres ont été renvoyés à Weymouth pour y être soignés. La plupart ont rejoint la compagnie 15 jours ou 1 mois après.
Il y a ceux qui sont morts à bord du LCI 91 et ceux qui se sont perdu dans l'eau et dont les corps n'ont jamais été retrouvés.

Du fait de ces pertes initiales sur la plage, la compagnie était réduite de 50%. 1 officier et 19 sapeurs ont été tués à ce moment. 35 sapeurs ont été brûlés, blessés ou retrouvés flottant à moitié noyés dans l'eau près du navire en perdition. Les autres s'en sont sortis et sont arrivés au rivage.
Certains de ceux qui y sont arrivé étaient gravement blessés et ont dû être évacués sur Weymouth. Les plus gravement atteints ont été renvoyés plus tard aux USA.

Le PC de la compagnie devait être installé sur la plage, au milieu du secteur Dog White (à la hauteur de la villa Raymond Marchal). L'emplacement était connu de chacun dans la compagnie, au cas où il aurait besoin de quelque chose pendant les opérations. J'ai dû ramper vers cet emplacement à travers la zone des obstacles. Il y avait des tirs de mitrailleuses partout. Peu après mon arrivée, des tirs de mortiers et de 88 ont frappé le coin.

Par suite de ces tirs continuels, les opérations ont commencé lentement. Le personnel chargé de tâches spécifiques devait être regroupé et de nouvelles affectations ordonnées. On n'était pas assez nombreux pour accomplir les missions rapidement. Le matériel spécialisé avait souvent été perdu et les expédients étaient à l'ordre du jour."

 

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