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Les Compagnies A et B du 2ème Bataillon de Rangers
débarquent à 7h45 à la limite Dog Green / Dog White

 

   (extraits)
Les 5 LCA, transportant les Compagnies A et B du 2°Bataillon de Rangers et l'état-major du 2ème bataillon (130 Rangers, sur 5 LCA du "Prince Charles": N° 1148 et 1151-CieA-, N° 1149 et 1150 -CieB-, N°1147-HQ 2ndRanBon) attendaient dans une zone de rassemblement au large, au nord d'Englesqueville, (en même temps que le 5ème Bataillon de Rangers), l'ordre de débarquer en renforts à la Pointe du Hoc. 

Si elles étaient averties avant 7h00 que l'assaut de la pointe du Hoc avait réussi, elles devaient y débarquer en renforts. Si elles ne recevaient pas cette information, supposant ainsi l'échec de la mission à la Pointe du Hoc, elles devaient alors débarquer sur Dog Green, monter à Vierville et partir par l'intérieur des terres pour y attaquer à leur tour la pointe du Hoc, en compagnie du 5ème Bataillon de Rangers.

Le Lieutenant-Colonel Max Schneider, qui commandait l'ensemble de ces Rangers, a retardé sa décision le plus tard possible. A 7h15, toujours sans nouvelles du Colonel Rudder à la Pointe du Hoc, il ne pouvait plus attendre et il a ordonné à la flotille de se diriger sur Vierville, plage Dog Green. 
A l'approche du rivage, le Colonel Schneider s'est rendu compte de ce qui se passait devant la descente de Vierville et sur ses indications toute la flottille s'est déplacée vers Dog White.


Les
Compagnies A et B du 2° Rangers, sur le flanc droit de l'ensemble, ont abordé à la limite de Dog Green et Dog White et elles y ont subi de fortes pertes. Arrivant à mi-marée, les obstacles étaient en grande partie recouverts.

Une des 5 péniches a été coulée par une mine sur les premiers obstacles et les 34 hommes ont du nager sous le feu ennemi. Le tir des armes légères et des mortiers a frappé les autres péniches quand elles ont touché terre. 


Les petites compagnies de Rangers s'élevaient à 65 hommes et officiers chacune,
seulement 35 de la Compagnie A et 27 de la Compagnie B, sont arrivés valides sur le talus de galets, probablement au voisinage de la villa Defortescu. Il était environ 7h45.

 


Le soldat Jack Keating était de la Cie A/2Rgr. Il se souvient que pendant l'approche, le "Texas" tirait ses bordées "juste au dessus de notre vieux petit bateau, et à chaque fois celui-ci se soulevait presque hors de l'eau."
Plus tard le LCA est arrivé à peu près sur la limite Dog Green - Dog White, à l'Est du vallon de Vierville. Personne n'avait encore débarqué là, et c'était encore calme. Le commandant de la cie A, le capitaine Dick Merrill, a crié "les gars, on va débarquer sans opposition."
Le pilote a abaissé la rampe et les Allemands ont commencé à tirer. "Les premières minutes dans l'eau," raconte Keating, "je ne les oublierai jamais. Il y avait des fusils, des mitrailleuses, des mortiers, des 88, et Dieu sais quoi encore. Je croyais que tous les Allemands me visaient."
Keating a mis du temps à arriver jusqu'au sable. "Ce n'était pas comme à Hollywood," commente-t-il. "Les acteurs sautent dans l'eau et en 3 secondes ils chargent sur la plage. C'est pas comme ça que ça s'est passé."
Quand finalement il s'est retrouvé sur le sable, il est allé derrière un char avec 2 copains. "Nous étions derrière le moteur pour nous réchauffer et avons fumé notre première cigarette en France."
Ayant repris sa respiration, "je retrouvais mes esprits et comme tous, j'ai compris qu'il n'y avait qu'une solution, c'était d'avancer." Alors qu'il remontait la plage, sa musette fut ouverte par une balle de mitrailleuse. "Çà a gâché mes boites de pruneaux et de pêches, mes bonbons, mes rations K, mes cigarettes, tout était en morceaux."
Sur la plage, Keating a rencontré un capitaine du 116ème atteint 2 fois dans la tête et 2  fois dans la poitrine "et il était toujours vivant. Il me demanda si je pouvait le porter jusqu'en haut de la plage, au poste de secours. Je lui dis: "Il n'y a qu'une solution, je vais ramper. Vous montez sur mon dos et je vais ramper." C'était à 100m, finalement j'ai réussi à l'y porter."
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