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Récits deThomas Valence et de Georges Roach
de la Compagnie A/116, section Anderson

 " Nous avancions vers la plage et plusieurs de mes camarades sont tombés malades. La mer était plutôt agitée. C'était une traversée agitée et nous recevions beaucoup d'embruns.

Notre bateau était l'un des six de la compagnie A et quand nous sommes arrivés à la plage ou près d'elle, les obstacles érigés par les Allemands pour empêcher le débarquement, étaient entièrement découverts, où on nous avait été dit qu'ils seraient, la marée était basse.

J'étais le " Rifle Sergeant ", et je suivais le Lieutenant Anderson lors de la sortie du bateau, et nous avons fait ce que nous avons pu par rapport à ce que nous avions appris à faire, pendant tant de mois en Angleterre. Il y avait une étendue plutôt large de plage, et les Allemands n'étaient pas du tout visibles mais ils tiraient sur nous avec beaucoup d'armes légères.

 Nous sommes descendus de la rampe, nous avons eu de l'eau jusqu'au dessus du genou, et nous avons commencé à faire ce pourquoi nous avions été formés: avancer, s'accroupir et tirer. Un des problèmes était que nous ne savions pas sur qui faire feu. J'ai vu quelques balles traçantes venir d'un emplacement qui me semblait gigantesque. Je ne pensais pas trouver des bunkers aussi gros. J'ai essayé de tirer sur l'arrière mais je n'avais eu aucune idée de ce qui arrivait. Il n'y avait pas beaucoup de chose à voir devant moi, excepté quelques maisons, l'eau continuait à monter tellement rapidement, et les camarades avec qui j'étais qui avaient été touchés ont disparu très rapidement, c'était devenu une lutte pour rester sur ses pieds. J'ai abandonné mon matériel qui était trop lourd.

J'ai pataugé dans l'eau, et j'avais une main en l'air pour essayer de trouver mon équilibre, quand j'ai été blessé la première fois. J'ai été blessé à la main gauche, l'articulation a été cassée et la paume de ma main traversée. Je n'ai rien senti, si ce n'est une petite piqûre, mais je savais que j'avais été touché par une balle. À côté de moi, dans l'eau, le Private Henry G. Witt s'était retourné vers moi "Sergeant, on est ici sans défense, comme des rats. On va mourir juste comme des rats." Je ne pensais certainement pas la même chose, mais je n'avais pas d'avis. Je n'ai jamais su, si nous avions été abandonnés ou pas.

J'ai continué mon chemin en avant, car c'était ce qu'il y avait de mieux à faire. Mon fusil s'est bloqué, j'ai alors pris une carabine, et j'ai tiré deux coups de feu. Nous tirions sur quelque chose, mais cela semblait sans résultat. Il n'y avait aucune chance, que je puisse détruire un emplacement allemand avec un fusil de calibre 30. J'ai encore été touché à la cuisse gauche, l'os de ma hanche a été cassé, dans le même temps, dans mon sac à dos, et la courroie de menton de mon casque a aussi été coupée par une balle. J'ai continué à avancer vers le haut de la plage, j'ai chancelé au niveau du mur, et là, je me suis effondré.

Les corps des autres types ont été rejetés sur le rivage, et j'étais un corps en vie parmi plusieurs corps de mes amis, qui étaient morts, et, dans beaucoup de cas, coupés en morceaux.

" Thomas Valence, 29th Infantry Division, 116th Infantry Regiment, Company A (Oral History - Eisenhower Center)
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" Le Lieutenant Anderson était à la tête de notre équipe de 30 hommes sur le bateau, et chaque équipe était composé de tireurs à la carabine, de porteurs de bangalores, et d'hommes équipés de lance-flammes. Il y avait aussi des démolisseurs qui faisaient sauter les bunkers. Mon travail était de suivre le porteur du lance-flammes, le Sergeant Greenstreet et quand son réservoir d'essence était vide, je devais mettre en marche un nouveau bidon de cinq gallions.

Comme notre péniche était prés du rivage, l'équipage britannique nous dit " nous allons baisser la rampe dés que possible, nous repartirons, aussi, tenez vous prêt ! "

Quand nous avons heurté le sable, la rampe s'est abaissée, le Lieutenant Anderson a été le premier hors du bateau avec le Private Dominguez. Dans les quelques secondes suivantes, j'étais dehors, et je vis que Domingues était déjà touché, il était allongé dans l'eau et le sable. Il y avait 100 yard de plage dégagée devant nous. Ses blessures étaient graves.

J'étais allongé dans le sable et je tirais sur une maison. Le Sergent Wilkes me dit "sur quoi tu tires?". Je lui répondis "Je ne sais pas, je ne sais pas sur quoi je tire!".

 Le Lieutenant Anderson était à 25 ou à 30 yard devant, nous faisant signe avec sa main d'avancer, et puis subitement il n'y a plus eue de signe de vie de sa part.

La marée montait rapidement et soudainement je ne vis plus personne, excepté Gil Murdoch, je lui demandais comment il allait. Il répondit "Je ne peux pas voir, j'ai perdu mes lunettes!"

Je ne voyais personne de notre compagnie, sauf Gil, et je me retrouvais dans l'eau où je faillis être assommé par un DUKW. Gil était aussi blessé, je lui dit de patienter, jusqu'à ce que le bateau le ramasse. Je commençais à nager, et un bateau me ramassa vers 10h30. Je rejoignis finalement ceux qui restaient de la compagnie A. Il y en avait seulement huit d'entre nous."

 

Georges Roach, 29th Infantry Division, 116th Infantry Regiment, Company A (Oral History - Eisenhower Center

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