Plan du WN73


(détails) La maison "Gambier"


(détails) abris à côté de la maison
"Gambier"


(détails)Vue du WN 73, avec le bunker équipé d'un canon PAK 40 de 75mm et la maison "Gambier" au dessus


Ruines de la maison Gambier

 

 

 

 

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La Compagnie C du 2ème Bataillon de Rangers perd la moitié de ses effectifs
en débarquant sous la maison "Gambier" et le WN73

 

  (extraits)
Dans sa mission, la Compagnie C du 2ème Bataillon de Rangers devait débarquer à l'extrémité Ouest de la plage de Vierville et suivre la compagnie A/116 par la vallée de Vierville, traverser le village, tourner à droite et nettoyer la zone entre la mer et la route côtière entre Vierville et la Pointe du Hoc. Les Allemands avaient dans ce secteur une vingtaine de casemates, abris, "Tobrouks", et emplacements de canons, plus une station radar, (WN 73,74, 76). Le programme prévoyait 2 heures pour que la Cie C accomplisse cette mission.
Tout dépendait de la Cie A/116 qui devait s'assurer de Vierville. Mais la compagnie A/116 avait été détruite sur la plage. La Cie C/2Rangers est arrivée quelques minutes après, à 6h45, isolée, juste à l'ouest du vallon de Vierville. Les plus proches troupes Américaines étaient très loin vers l'est, à Saint-Laurent.
Les 64 rangers de la compagnie était répartis en 2 LCA britanniques
Arrivant sur les talons du bombardement naval, et avant que les Allemands ouvrent le feu, les Rangers étaient de bonne humeur. "Ça va être du gâteau," dit l'un d'eux. "Je crois qu'ils ne savent pas que nous arrivons." Le sergent Donald Scribner se souvient des hommes de son bateau chantant "Joyeux anniversaire" pour le sergent Walter Geldon - le 6 juin était le 3ème anniversaire de mariage de Geldon - Ils ont applaudi quand les LCT(R) lancèrent leurs roquettes, ont grommelèr quand elles sont tombées trop court dans l'eau. Leur désappointement s'est accru lorsque, au dire du Lieutenant Gerald Heaney: "il n'y avait personne sur la plage devant nous et nous allions aborder dans un coin qui n'avait pas été traversé par d'autres soldats Américains."
Quand le LCA de Heaney a talonné sur un banc de sable, le pilote Anglais a crié: "Je ne vais pas plus loin", et il a abaissé la rampe. Le feu des mitrailleuses Allemande a déchiré le navire. Le premier soldat dehors a été touché. Heaney a vu qu'il n'aurait aucune chance s'il descendait par la rampe, il est passé par dessus le bordé.
"Tout autour de moi les hommes se faisaient tuer ou blesser. J'ai couru aussi vite que possible vers le sable, et je me souviens d'avoir été tellement épuisé quand je l'ai atteint que c'est tout ce que j'ai pu faire pour aller vers la falaise."


Des obus (des mortiers du WN73 probablement) ont touché la péniche LCA 418 du capitaine Ralph E. Gorranson, tuant une douzaine d'hommes et secouant fortement les autres. Le commandant de la compagnie C, le capitaine Ralph Goranson, se souvient, "Traverser la plage était comme un rêve, tous les mouvements du corps et de l'esprit étaient automatiques." Il a réussi à atteindre l'abri à la base de la falaise. Pour le sergent Marvin Lutz, traverser la plage a été"comme un horrible cauchemar." Malgré tout, comme pour son commandant, il se déplaçait instinctivement, - le résultat de l'entraînement -.
La falaise était raide, environ 30 mètres de hauteur, juste à l'ouest du vallon de Vierville. A sa base les Rangers étaient hors de vue des mitrailleurs allemands mais vulnérable aux mortiers et aux grenades lâchées depuis le haut de la falaise. C'était des grenades "presse-purée", ainsi appelées à cause de leur forme. Alors qu'elles descendaient, le soldat Michaël Gargas prévenait: "attention, en voilà une autre!"
Une mitrailleuse ennemie a concentré son feu sur la rampe du second bateau, le LCA 1038, et a touché 15 Rangers débarquant.
Le bateau du sergent Scribner a été touché 3 fois par de l'artillerie. Le premier obus a arraché la rampe complètement, tuant les hommes de devant et couvrant les autres de sang. Le second a touché du côté bâbord. Scribner commençait à grimper sur le bordé tribord quand il a remarqué un obus de mortier de 60mm au fond du bateau. Il s'est arrêté pour le ramasser, quand le 3ème obus a déchiré le côté tribord. Il a réussi à se jeter à l'eau.
"Je portais une radio, mon fusil, mes grenades, et je commençais à couler. J'avais l'impression que je ne m'arrêterais pas."
Scribner s'en est sorti, est arrivé sur le sable - il ne se rappelle pas comment - et a essayé de courir sur la plage. "Je me souviens avoir plongé 3 fois. A chaque fois, les balles de mitrailleuses giclaient sur le sable devant moi. Je ne m'arrêtais pas car je savais ce qui allait se passer. Je plongeais parce que j'étais trop fatigué." Quand il est arrivé au pied de la falaise, "je regardais en arrière, et je vis Walter Geldon étendu, la main dressée demandant de l'aide. Walter ne s'en sortit pas. Il mourut pour le 3ème anniversaire de son mariage."
Le lieutenant Sidney Salomon, chef de la 2ème section de la Cie C, a été le premier hors de son bateau. Il est allé à droite, de l'eau jusqu'à la poitrine, alors que les tirs de mitrailleuses et de fusils balayaient les Rangers en train de débarquer. Le second à sortir, le sergent Oliver Reed, a été touché. Salomon l'a rattrapé et l'a sorti de dessous la rampe qui se soulevait avec les vagues. Il a dit à Reed de faire de son mieux, et a commençé à nager vers le sable. "Pendant ce temps, les Allemands avaient trouvé la bonne hausse pour la rampe. Rangers après Rangers étaient touchés par le feu des armes légères alors qu'ils sautaient dans l'eau, et en plus des obus de mortiers tombaient autour du navire, produisant des geysers d'eau."
Salomon est arrivé à la base de la falaise. Il a regardé en arrière. " Des corps inertes, là où ils étaient tombés, des taches de sang rougissaient le sable. Certains blessés se traînaient autant que possible, certains avec un regard de désespoir et d'étonnement sur leur figure torturée et douloureuse. D'autres  essayaient de se relever, seulement pour être à nouveau touché par les tirs. Des corps roulaient en avant et en arrière au bord de l'eau, la Manche se réjouissant d'exercer ainsi sa puissance sur l'homme et jouant avec les corps comme un chat avec une souris."
Sur le 68 rangers de la Cie C, 19 étaient morts, 18 blessés, 31 avaient réussi à gagner le pied de la falaise. La compagnie n'avait pas encore tiré un seul coup de fusil.

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