12

Les plans de débarquement pour le Jour J


L'organisation de la Western Task Force de l'US NAVY


Le 116ème Groupe Régimentaire


Composition de la 29ème DI


(détails)
Ces villas de la plage étaient à l'état de ruines.
Ci-dessous la villa Chevalier

(détails)


(détails)
La villa Parmentier, la plus grande de la plage était aussi complètement démolie

  1 - La préparation d'artillerie précédent le débarquement

Les débarquements à Vierville devaient être précédés de bombardements aériens et navals, dans la demi-heure précédant l'heure H, destinés à "amollir" toutes les positions connues et à démoraliser les troupes Allemandes.

            121 - Les bombardements aériens

Un bombardement des principaux points fortifiés de la plage par plus de 400   quadrimoteurs "Liberators" B24 répartis en "box" , dans la 1/2 heure précédant les permiers débarquements.

            122 - Les bombardements navals

De H-40 à H-3, un violent bombardement de toute les défenses côtières devait être effectué par toutes sortes de navires, formant 6 "Fire Support Group" ou FSG (groupes d'appui de feu).

Il y avait, capables de tirer sur la côte de Vierville,

           1 cuirassé armé de canons de 356mm et de 127mm, 
           1 croiseur armé de canons de 150mm,

           4 destroyers armés de canons de 127mm,

           2 péniches LCT (R) lance-roquettes, 

           1 péniche LCT(G) armée de 2 canons de 114mm, 

           des LCT transportant des chars et des obusiers blindés de 105mm capables de tirer depuis leurs  LCT, navires à faible tirant d'eau.

           des petites péniches LCS (Landing Craft Support) armées de mitrailleuses lourdes et roquettes, à faible tirant d'eau et capables de s'approcher tout près de la côte.


La durée de cette préparation d'artillerie était trop faible pour être réellement efficace. Par comparaison, lors des débarquements américains dans les îles tenues par les Japonais dans l'océan Pacifique, des durée de bombardement de plusieurs jours étaient fréquentes, mais les Japonais ne pouvaient espérer de renforts.Ce n'était pas le cas en France et les Alliés ne pouvaient se permettre de risquer l'arrivée de renforts Allemands, prévenus par des bombardements de longue durée.


(détails) 49 - A peu près au droit de la villa Philippe Marchal actuelle
. Une des premières photos de la plage, prises en juin 43 après le choix du site pour le débarquement futur. On voit les quelques villas qui sont à l'Est des villas Parmentier et Brise Caline, avant leur destruction début 44 par les Allemands.


(détails)A droite la villa Hardelay, au centre la villa Chevalier, toutes en ruines avant le 6 juin

(détails) Vue aérienne de la descente de Vierville en 1939, avec indication des principaux bâtiments


(détails)
A gauche les villas Parmentier et Mathy, en ruines aussi le 6 juin

 

les 3 secteurs de plage de Vierville:

  détails

Les secteurs de plage de Dog Red à Fox Red



2 - Les débarquements

Le jour J et l'heure H étaient fixés pour que les premières vagues d'assaut soient mises à terre à l'aube et avec une marée assez basse pour découvrir les obstacles sous-marins de la plage. 
Ce minutage était important. Il imposait aux premières vagues la traversée de 250 à 300m à découvert sur la plage, et il donnait 1/2 heure aux sapeurs du Génie pour dégager des passages au milieu des obstacles avant l'arrivée de forces plus importantes et des renforts, à marée haute.


Le 6 juin, la mer était basse à 5h25, haute vers 10h30, le soleil se levait à 5h58 et l'heure H était fixée à 6h30. Toutes ces heures étaient GMT+2, heure utilisée par les Alliés, alors que l'heure officielle en France était GMT+1 et que les paysans locaux avaient souvent gardé l'heure solaire GMT.

Le territoire de Vierville avait été divisé en 3 sous-secteurs de plage: de l'Ouest à l'Est: Charlie, Dog Green et Dog White.
Au delà s'étendait sur St-Laurent les secteurs Dog Red et Easy Green, et sur Colleville, les secteurs Easy Red et Fox Green.

Sur Dog Green (900mètres entre la descente de Vierville et la villa Chevalier), le 1er bataillon du 116°Régiment (4 compagnies A, B, C, D, de 200h chacune) devait débarquer avec ses soutiens en chars et en génie, et s'emparer de la descente de Vierville puis se regrouper au sud de Vierville avant de se diriger vers les objcetifs à l'intérieur..
Le 2ème bataillon (4 compagnies E, F, G, H) était affecté aux secteurs  Dog White, Dog Red et Easy Green. Il devait s'emparer de la sortie de plage D3, puis se regrouper au sud de Saint-Laurent.

Le 3ème bataillon (4 compagnies I, K, L, M) venait en soutien des 2 premiers, débarquant de Dog White à Easy Green.

La Provisional Ranger Force de deux bataillons (soit 2 fois six compagnies de 60 hommes chacune), rattachée au 116°Rég., avait des missions particulières: 
             ---  Les compagnies D, E, F  du 2°Bataillon devaient débarquer directement à la pointe du Hoc à l'Heure H  pour y détruire la batterie allemande de 6 canons de 155mm.

             ---  La compagnie C du 2°Bataillon devait débarquer à 6h30 sur le secteur Charlie, juste à l'ouest de la sortie D1(Vierville), et attaquer les positions ennemies de la Pointe de la Percée en passant par le haut de la falaise.

             ---  Si l'attaque à la Pointe du Hoc était réussie à H+30 (7h00), le 5°Bataillon de Rangers à 6 compagnies et les compagnies A et B du 2°Bataillon devaient y débarquer en soutien; mais sans nouvelles de la Pointe du Hoc à 7h00, on supposait que l'attaque de la Pointe du Hoc avait échoué, et ces unités devaient alors aller débarquer sur Dog Green à H+60 (7h30) et aller directement par terre à la Pointe du Hoc pour y détruire la batterie dangereuse.

Le diagramme prévisionnel des débarquements précise l'échelonnement des vagues d'assaut sur Vierville de H (6h00) à H+225 (10h15).

Le 16ème régiment d'infanterie de la 1ère Division devait débarquer sur Easy Red et Fox Green (plages devant Colleville et Le Ruquet) et s'emparer des sorties de plage E1, E3 et F1 et se regrouper au sud de Colleville et du hameau de Cabourg, avant de partir vers l'intérieur des terres et vers les objectifs de la journée.


(détails)
La descente de Vierville avant la Guerre. Au 6 juin tout était rasé sauf 3 bâtiment:
L'hôtel du Casino (Piprel), centre de repos pour soldats Allemands ("Au Théodore fatigué")
La villa Cusinberche
La villa Mary, centre de transmissions de la Kriegsmarine

(détails)


(détails) L'hôtel du Casino


(détails)Le café-bazar Le Gallois, démoli et remplacé par le bunker principal de Vierville

 

 

 

   3 - Les mouvements prévus vers l'intérieur

Le 1er bataillon du 116°Régiment d'infanterie devait avoir traversé les défenses de la plage à Vierville dans les deux heures suivant son débarquement.
Les compagnies devaient se frayer un chemin vers la zone de regroupement du bataillon, à 1 km. à l'intérieur des terres, immédiatement au sud de Vierville.

Les points forts ennemis protégeant les sorties devaient être neutralisés assez tôt pour permettre l'ouverture au trafic routier vers H+180, soit 9h30, début des débarquements des véhicules en grandes quantités.

Après la capture de Vierville, le Bataillon 1/116 devait avancer vers l'Ouest le long de la route côtière avec les Rangers, et nettoyer les défenses ennemies depuis la tête de pont jusqu'à l'estuaire de la Vire. Il serait alors prêt pour prendre dès le lendemain 7 juin Isigny et l'important pont qui s'y trouve, et ensuite assurer la liaison à l'Ouest avec le VIIème Corps.

A Saint-Laurent, les 2ème et 3ème bataillon du 116ème régiment devaient assurer des missions depuis les Moulins vers le bourg de Saint-Laurent puis vers Formigny et s'emparer de la RN13

 Le 115°Régiment d'infanterie, débarquant sur Dog White et Dog Red en renfort en milieu de matinée devait, si nécessaire, aider au nettoyage des points forts allemands. 


A Colleville, le 16ème régiment (1ère division) devait assurer les missions analogues depuis les plages de Colleville et du Ruquet vers le bourg, puis vers Ste Honorine et Surrain, assurant la liaison avec les troupes britanniques qui devaient avoir pris Port-en-Bessin, et porter le front jusqu'à la RN13.
Le 18ème régiment (1ère division), débarquant en renfort sur Easy Red, devait à partir de midi aider au nettoyagedes points fortifiés résiduels.

Le 6 juin le commandement d'ensemble des troupes débarquées était assuré par le PC avancé de la 1ère division (Général Huebner à Colleville-Le Ruquet). Les 2 régiments débarqués de la 29ème division y étaient rattachés. Ce n'est que le 7 juin àà 0h00 que le PC de la 29ème division (Général Gehrardt, installé à Vierville) devait reprendre le commandement de l'ensemble des troupes de la 29ème.

 


(détails)

(détails)
Les villas dans la descente de Vierville, avant la guerre et en 1943 (ci-dessous, le 30 juin 43)

(détails) le début du boulevard de Cauvigny

(détails) la descente de Vierville, avec le mur antichar. Au fond le château, et le manoir de Than

Retour accueil