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Les radars Allemands d'Englesqueville-la-Percée

De nombreuses images d'Englesqueville avant la guerre sont réunies sur le site Web de la commune de Vierville-sur-Mer, à la page 73

 


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L'ancien sémaphore, modèle Depillion, encore en service en 1937, armé par 2 officiers mariniers de la Marine Nationale, logés sur place avec leur famille.
L'ensemble a été évacué fin 37 ou début 38, à la suite d'un éboulement de falaise qui faisait craindre pour la stabilité de la construction. C'est le sémaphore de Longues-sur-Mer qui a accueilli l'équipage de celui d'Englesqueville

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(détails) Le "dévalou" du sémaphore, avant guerre


Le chantier des travaux de la station radar


(détails) 1955

(extrait de La Renaissance du Bessin)

A Englesqueville-la-Percée, petite commune du nord du canton d'Isigny, les vestiges d'une station radar constituent les traces indélébiles de l'occupation allemande au début des années 40.

Parmi les images les plus connues du "Jour le plus long', on se souvient du guetteur allemand apercevant dans le grisaille du 6 juin la flotte américaine. Réalité des faits qui veut dire qu'il n'existait plus que ce "guet de la mer", comme on disait au 17ème siècle, pour assurer la surveillance des côtes. L'ensemble des moyens de détection avait bel et bien été annihilé. Parmi ceux-ci, la station radar d'Englesqueville-la-Percée. Aujourd'hui, seuls quelques maigres vestiges subsistent, loin des regards, et peuvent témoigner de l'existence de ce maillon de la chaîne des stations couvrant l'Europe. Henri Lepelletier, témoin privilégié, puisque l'installation se situait sur des terres exploitées par sa famille, nous en refait une description.

"C'est dès la fin de 1940 que le repérage des lieux est fait. Sur l'emplacement de l'ancien sémaphore qui a été rasé, et au même endroit ils ont fait des baraquements. Il fallait 30 personnes tous les matins pour y aller travailler. Notre tour revenait vite. Les radars ont été mis en service vers 41/42, mais pour les casernements, en 44, ce n'était pas encore terminé. Tout était fait à la main, les terrassements, le béton, et sans enthousiasme !..."

L'ensemble est géré conjointement par la Luftwaffe (aviation) et la Kriesgmarine (marine) possédant sur le site leurs propres radars.

"Il y avait environ 160/180 hommes dont 3 fois plus de la Luftwaffe que de la marine. Ils n'étaient pas trop méchants. Mais il n'y avait même pas d'eau là-bas, il fallait leur en porter une barrique tous les matins!"

Une route est d'ailleurs créée spécialement pour rejoindre la station, encadrée d'un champ de mines d'environ 200 mètres d'épaisseur. L'espace, par lui délimité, a la forme d'un rectangle d'environ 500 mètres sur 250 mètres.

"Il y avait un blockhaus dans chaque angle et deux sur les côtés. Comme constructions, 2 casernes étaient terminées et la centrale électrique".

La mise hors service de ces installations fait bien évidemment partie du plan de préparation d'Overlord.

"Ils sont venus bombarder les deux mardis d'avant le Débarquement, le 23 et le 30 mai. Le 23 mai, c'était des Mosquitos de la RAF, ils ont mitraillé. On a ramassé des douilles au râteau dans la cour (à environ 400 m des lieux). Ils sont revenus avec des bombes. J'ai vu des photos prises après ce 30 mal, c'était détruit à 80 %. On n'a jamais su mais ça m'étonnerait qu'il n'y ait pas eu de morts. Ils ont évacué les lieux et se sont réfugiés dans la ferme en face avec tout leur matériel".

Au 6 juin, l'emplacement est encore pilonné. "Les trous de bombe se touchaient. Seuls deux fanatiques avec quelques "kamarads" se sont défendus ; les autres se sont enfuis ou rendus aux Américains".

Plusieurs morceaux des antennes ont été jetés en bas de la falaise afin de redonner vie aux terres agricoles, rejetant ainsi quelques-uns des premiers éléments indispensables aux futures guerres modernes.

Ses Caractéristiques:

Unité Luftwaffe: 10ème Flugmelde-Leit-Kompanie (Stellung "Imme")

La station radar d'Englesqueville compte, pour la partie Luftwaffe, 2 radars du type VVR FuSe 65 (Wurzburg Riese) destinés à déterminer distance, relèvement des avions et à diriger les actions de chasse. La portée est d'environ 60 km avec une parabole de 7,50 m de diamètre, en profilés d'aluminium.

La partie maritime, baptisée "Seetakt" est située au plus près de la falaise dont la hauteur de 45 m permet une portée de plus de 30 km.

Plusieurs antennes de type "Freya", semblent avoir été installées. (Kriegsmarine FuMG 80)

Le 6 juin la station était hors service du fait des bombardements alliés


(détails)Photo aérienne de la Percée le 27 avril 1944(depuis Englesqueville jusqu'à Vierville, WN 72 à 74)

 

 

 

 

 

 

 

Série de photos du 18 février 1943, entre la Percée et le sémaphore


(détails) la Percée, 1- N°82


(détails) Le sémaphore, 4 - N°85

 

 


(détails) juste à l'ouest de la Percée, 2 - N°83


(détails) Depuis la Percée vers le sémaphore, 5 - N°86


(détails) Entre la Percée et le sémaphore, 3 - N°84


(détails) Depuis la Percée vers le sémaphore, 6 - N°87



schéma des installations


Les plans établis par les Alliés, avant le débarquement

(détails) Carte US au 1/25000


(détails) Carte US au 1/12500


 


(détails) Les 2 modèles de radars,
le Würzburg-Riese (Luftwaffe, la parabole de gauche) et le Freya (Kriegsmarine, les antennes de droite)


(détails) la station photographiée par les Alliés

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(détails) Un Tobrouck de la défense


(détails) Les radars, le 29 avril 1944


Les ruines du radar Freya FuMG80 de la Kriegsmarine, le 22 juillet (ou juin) 1944


(détails) Une partie du site des radars, photographiée avant le 6 juin


(détails) Vestiges du socle d'un radar

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